Bruxelles, 15/11/2004 (Agence Europe) - Avant d'aborder le dossier du Pacte de stabilité et de croissance là où les ministres des Finances l'avaient laissé après le Conseil informel de septembre, Joaquin Almunia a de nouveau plaidé pour sa réforme du Pacte. Dans une tribune publiée par le Financial Times, lundi, jour où s'ouvrait l'échange de vues de l'Eurogroupe sur ces questions, le Commissaire aux Affaires économiques et monétaires a rappelé les orientations qu'il avait présentées en septembre (EUROPE du 4 septembre, p.7). M. Almunia a surtout exhorté les Etats membres à entreprendre "une action politique déterminée" pour affronter les questions les plus délicates qui restent en suspens dans ce débat.
Dans le contexte du récent rapport Kok, M.Almunia estime qu'il faut une "Lisbonnisation du Pacte", afin d'intégrer les objectifs de Lisbonne en termes de croissance et d'emplois dans l'analyse de la situation des finances publiques des Etats membres. Et il insiste une fois de plus sur la nécessité d'une meilleure prise en compte de la dette future des Etats membres. Selon le Commissaire Almunia, une "Union à 25 ne peut se permettre une politique budgétaire à taille unique, compte tenu des différences entre les structures des économies, les taux de croissance potentiels et les problèmes liés au vieillissement de la population et aux retraites".
Un autre élément de revitalisation du PSC, selon M. Almunia, pourrait être une application de la procédure pour déficit excessif plus souple, prenant en compte les spécificités nationales et se fondant sur une définition moins stricte des circonstances exceptionnelles. Cette dernière question a souvent été "dramatisée à l'excès (...) mais il serait irréaliste de ne pas la traiter du tout", avertit le Commissaire. Et de préciser qu'il ne s'agit pas de laisser les Etats membres qui ne se conforment pas à la discipline budgétaire libres de faire ce qu'ils veulent, mais de « trouver un moyen meilleur et plus crédible de prendre en compte les évolutions cycliques et la durabilité, au moment où les Etats membres adressent leurs recommandations à un autre Etat membre et définissent les délais » accordés pour corriger la situation.