Bruxelles, 20/10/2004 (Agence Europe) - L'Association européenne pour l'étude du diabète organise, en association avec la Commission européenne, un symposium sur le futur de la recherche sur le diabète. Ce symposium, qui aura lieu le 12 novembre au Parlement européen à Bruxelles, sera ouvert par le nouveau Commissaire à la recherche, Janez Potocnik. Parmi les intervenants figurent notamment le professeur Pierre Lefebvre, président de la Fédération internationale du diabète, le docteur Allan Spiegel de l'Institut national pour le diabète et les maladies du rein aux Etats-Unis, le docteur Richard Insel de la Fondation américaine pour la recherche sur le diabète de l'enfant, le directeur général de Novo Nordisk, Lars Rebien Soerensen, le socialiste belge Philippe Busquin (député européen, ancien Commissaire européen à la recherche) et le conservateur britannique John Bowis, lui aussi député européen
Ce symposium a été organisé pour identifier les domaines clé où les investissements de l'Union européenne sont les plus nécessaires et les plus efficaces. Il permettra aussi d'évoquer la suggestion de l'Association européenne de créer un fonds européen pour la recherche sur le diabète. L'association estime que la mise en commun des fonds de la Commission européenne, des gouvernements nationaux, de l'industrie et des autres organismes non gouvernementaux pourrait aboutir à un apport initial de 100 millions d'euros. Ce fonds serait géré par une entité indépendante, dirigée par un conseil constitué des représentants des différents contributeurs.
Sous le 6ème programme-cadre communautaire de recherche, le diabète devrait bénéficier d'un montant de l'ordre de 30 millions d'euros. Dans ce cadre, la Commission européenne contribue au financement d'un projet intégré baptisé « Diabesity » qui regroupe des cliniciens et des chercheurs en vue d'identifier de nouvelles cibles pour la prévention ou le traitement. Sous le 5ème programme-cadre, la Commission avait soutenu 22 projets de recherche concernant le diabète pour un coût total de 56 millions d'euros (dont 42 millions provenant du budget communautaire).
Les deux formes du diabète, insulino-dépendant ou non insulino-dépendant (DNID, encore appelé diabète gras), connaissent actuellement une forte croissance. La plus forte progression est celle du DNID qui est directement lié à l'évolution des habitudes alimentaires et des modes de vie. Le diabète, quelle que soit sa forme, réduit l'espérance de vie d'environ quinze ans. Il favorise ou aggrave les maladies cardiovasculaires et constitue la cause principale de nephropathies, d'amputation des membres inférieurs et de cécité chez les adultes. Le coût actuel du diabète de type 2 (DNID), qui représente 90% des cas de diabète, est de 15 milliards d'euros par an dans l'Union européenne. En Finlande, où un programme de prévention et de traitement a été mis en place (voir http://www.diabetes.fi/english/programme/index.htm ), les coûts directs des traitements des personnes diabétiques avoisinaient déjà un milliard d'euros à la fin des années 90, soit 11% des dépenses nationales de soins de santé. La Finlande compte environ 180 000 diabétiques dont 150 000 cas de diabète gras.
A l'heure actuelle, le diabète affecte environ 19 millions de personnes dans l'Union européenne, soit 4% de la population totale des 25 Etats membres. On estime généralement à 26 millions (6% de la population) le nombre de malades du diabète dans l'UE à l'horizon 2030. Cette projection ne tient pas compte d'une éventuelle augmentation exponentielle de l'obésité et des autres facteurs favorisant le développement du diabète gras. D'après l'Organisation mondiale de la santé, près de 200 millions de personnes sont actuellement atteintes de diabète dans le monde. Les projections indiquent que ce nombre devrait dépasser les 300 millions de malades en 2025.