Bruxelles, 14/09/2004 (Agence Europe) - A la demande de la Lettonie, le Conseil "Relations extérieures" de lundi a discuté de la situation au Bélarus et, notamment, de l'intention du Président Loukachenko de briguer un troisième mandat (ce qui serait contraire à la Constitution bélarusse qui, actuellement, limite l'exercice de la présidence à deux mandats). Dans des conclusions adoptées lundi soir, les ministres expriment leurs "vives préoccupations" à propos du fait que M. Loukachenko ait l'intention d'organiser le 17 octobre prochain (parallèlement aux élections parlementaires) un référendum sur l'amendement de la Constitution de manière à permettre son maintien à la présidence du pays pendant un temps indéfini. Le Conseil reconnaît que les autorités bélarusses ont évidemment le droit d'organiser des référendums constitutionnels, mais il souligne aussi que ces référendums doivent être organisés selon les normes et standards démocratiques de l'OSCE et du Conseil de l'Europe. "Le Conseil a des doutes sérieux et bien fondés sur le fait que les conditions pour la tenue d'un référendum libre et équitable sont remplies en Bélarus", lit-on dans les conclusions. "Au contraire, l'état de la démocratie, de l'Etat de droit et des droits de l'Homme s'est détérioré, comme le montrent, entre autres, la fermeture récente d'un certain nombre de journaux indépendants et l'oppression continue de l'opposition". Le Conseil a aussi réitéré son souhait de voir au Bélarus "prendre sa juste place parmi les pays démocratiques européens". "Dans ce cas, l'Union européenne serait prête à développer davantage ses relations avec le Bélarus, y compris dans le cadre de la nouvelle politique européenne de voisinage". En revanche, si les élections parlementaires et le référendum annoncé ne devaient pas se tenir dans des conditions libres et équitables, "cela ne pourrait pas rester sans conséquences sur les relations bilatérales", est-il stipulé dans les conclusions.