*** CHRISTOPHER AUDLAND: Right Place-Right Time. The Memoir Club (Stanhope Old Hall, Stanhope, Weardale, County Durham DL13 2PF UK. Tél.: (44-01388) 529060 - fax: 527215 - Courriel: memoirclub@email.msn.com - Internet: http://www.thememoirclub.co.uk ). 2004, 528 p.. ISBN 1-84104-091-6.
Ce livre est l'histoire d'une vie bien remplie, dont l'auteur raconte toutes les étapes qui l'ont conduit, depuis 1949 jusqu'à aujourd'hui, à "faire au moins vingt-cinq boulots différents, professionnellement ou pro bono, dans les domaines les plus variés" dans cinq continents. Comme le montre déjà le choix du titre de ce volumineux mais très lisible ouvrage, son auteur a l'élégance de reconnaître qu'il a été aidé par la chance à faire tant d'expériences enrichissantes. Mais la lecture de ce livre montre aussi que, depuis sa jeunesse, Christopher Audland a constamment su saisir cette chance, grâce à sa curiosité intellectuelle, son ouverture d'esprit et son engagement. Un engagement qui l'a naturellement porté vers l'Europe dès l'après-guerre, avec les années passées comme jeune diplomate britannique à Berlin puis à Bonn, pour arriver au Conseil de l'Europe, à Strasbourg, en 1952. Des années de formation et de découverte de l'Europe qui commençait à se dessiner avec la réconciliation franco-allemande. Ces années ont sans doute été déterminantes pour Christopher Audland qui a consacré un bon bout de sa vie à l'Europe, depuis les (malheureuses) négociations d'adhésion du Royaume-Uni aux Communautés européennes au début des années 60 jusqu'à son départ de la Commission européenne au milieu des années 80.
Les chapitres sur les négociations conduites entre 1961 et 1963 par Ted Heath - l'un des personnages de ce livre pour lesquels Sir Christopher exprime le plus d'admiration et d'attachement - sont riches en informations et analyses, ainsi qu'en anecdotes sur ses protagonistes majeurs et mineurs: Heath, bien sûr, de Gaulle (jusqu'à la mort du général, Heath est resté en bons termes avec lui, rappelle Sir Christopher) et Couve de Murville, mais aussi les "Flying Knights", comme on appelait les très dynamiques membres de l'équipe de négociateurs britanniques... Malgré l'échec des négociations, Ted Heath avait reconnu que la décision du gouvernement Macmillan de demander d'adhérer aux Communautés était révélatrice d'un changement profond, note Sir Christopher. Heath, en effet, écrivait à l'époque que cette démarche avait "marqué la fin d'une ère glorieuse, celle de l'Empire britannique, et le début d'un chapitre tout à fait nouveau de l'histoire britannique". Aujourd'hui, Sir Christopher commente: "J'aimerais que ce soit tout à fait vrai: en fait, quarante ans après les négociations de Bruxelles, il y a encore beaucoup de politiciens britanniques peu enclins à reconnaître que les jours de l'Empire sont finis!".
C'est finalement le même Ted Heath qui, comme Premier ministre, avait signé le Traité d'adhésion une dizaine d'années plus tard, en 1973. Pour Christopher Audland, arrivé à la Commission en 1973 avec la première vague de fonctionnaires britanniques, l'expérience des premières négociations d'adhésion s'était évidemment révélée très utile, lui ayant permis de connaître dans le détail les rouages des institutions européennes, les politiques et, aussi, les personnes. Entré à la Commission européenne comme Secrétaire général adjoint (travaillant étroitement avec le mythique Emile Noël, personnage clé de la Commission pendant des décennies), Audland devait revivre, cette fois-ci de l'intérieur de la Commission plutôt que du Foreign Office, une nouvelle négociation euro-britannique. C'était la "renégociation" qui (sans aboutir à aucun amendement au Traité, souligne Sir Christopher) avait permis à Harold Wilson de "vendre" au Labour l'appartenance britannique aux Communautés. Car c'était l'époque où les conservateurs étaient pro-européens, alors que les travaillistes étaient contre, parfois farouchement...
Les années passées à la Commission européenne, d'abord comme Secrétaire général adjoint (de 1973 à 1981) chargé en particulier des relations avec le Parlement européen et de la réforme de la Commission (et oui, on en parlait déjà…) puis comme Directeur général à l'Energie (de 1981 à 1986) et rapporteur général sur la catastrophe de Tchernobyl, ont été pour Sir Christopher l'occasion d'autres rencontres importantes: Emile Noël, évidemment, mais aussi le président de la Commission Roy Jenkins, le commissaire à l'Energie Etienne Davignon et le président Delors. De son poste, Sir Christopher a suivi de près le développement de certaines politiques (énergétique, par exemple) et a eu l'intuition du potentiel de maturation de certaines institutions (le Parlement européen qui n'était pas encore élu au suffrage universel). Mais ce n'est pas la fin de l'histoire car, après avoir quitté la Commission, Christopher Audland a choisi ce qu'il appelle "une retraite active" qui l'a amené à suivre d'autres intérêts et à s'occuper, par exemple, d'Europa Nostra ou du European Opera Centre.
Marina Gazzo
*** CHRISTOPH DEMMKE, CHRISTIAN ENGEL (sous la dir. de): Continuity and Change in the European Integration Process. Essays in honour of Günther F. Schäfer (EIPA 1984-2003). Institut Européen d'Administration Publique (22 O. L. Vrouwplein, P. O. Box 1229, NL-6201 Maastricht. Tél.: (31-43) 3296274 - fax: 3296296 - Courriel: m.simons@eipa-nl.com - Internet: http: //http://www.eipa.nl ). 2003, 273 p., 31,75 euros. ISBN 90-6779-181-4.
Ce recueil d'essais - rédigés en allemand, en anglais ou en français - est un hommage que rendent des collègues et des amis à Günther Schäfer, actif dix-huit années durant au sein de l'Institut de Maastricht et qui a pris sa retraite l'année dernière. Dix-huit années au cours desquelles d'importants changements politiques ont marqué le processus d'intégration communautaire. Ce sont ces changements - et, aussi, les éléments de continuité - qui sont étudiés dans cet ouvrage. Ainsi, Christine Neuhold, Alexander Türk et Torbjörn Larsson s'intéressent aux évolutions institutionnelles et dans le domaine de la comitologie, tandis que Klaus Gretschmann traite des évolutions économiques et que Dieter Freiburghaus analyse la manière dont les relations entre l'Union et la Suisse ont évolué. L'évolution de différentes politiques, notamment la Pesc, est étudiée par d'autres auteurs, ainsi que l'impact du processus d'intégration sur les administrations publiques des Etats membres. Des contributions font enfin le point sur les développements qu'a connus l'Institut ainsi que sur les relations que celui-ci a nouées avec la Deutsche Hochschule für Verwaltungswissenschaften de Speyer en vue de former les responsables des Länder allemands à la dimension européenne.
(MT)
*** ROBIN CASSLING, GABRIEL FRAGNIERE (sous la dir. de): Social Sciences and Political Change. Promoting Innovative Research in Post-Socialist Countries. Presses Interuniversitaires européennes et Peter Lang (1 av. Maurice, B-1050 Bruxelles. Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.net ). Collection "Phylosophy & Politics", n° 9. 2003, 285 p.. ISBN 90-5201-168-0.
Fruit d'un programme de recherche qui a été financé par George Soros et a rassemblé quelque 4.500 chercheurs, cet ouvrage - coordonné par un ancien recteur du Collège d'Europe à Bruges, Gabriel Fragnière, et par celui qui a piloté ce programme de recherche - appréhende, à travers une série de contributions présentées lors d'une conférence tenue à Budapest en mai 2002, les principales évolutions qui ont été observées dans le cadre du processus de transformation économique et sociale intervenu dans les pays d'Europe centrale et orientale ainsi qu'en Asie centrale. Il offre, de la sorte, une vue panoramique des principales tendances de la pensée et de la recherche dans cette région, en tout cas dans le domaine des sciences sociales, ce qui est de nature à enrichir le dialogue entre Est-Ouest en la matière.
(LD)
*** ANTONIO MARCELLO CALAMIA: La nuova disciplina della concorrenza nel diritto comunitario. Giuffrè Editore (40 via Busto Arsizio, I-20151 Milan. Internet: http://www.giuffre.it ). 2004, 133 p., 8 euros. ISBN 88-14-10833-1.
L'auteur, professeur de droit communautaire et international à l'Université de Pise, examine le nouveau règlement sur le droit européen anti-trust appliqué depuis le 1er mai dernier et qui doit permettre en particulier à la Commission de se concentrer dorénavant sur la répression des infractions les plus graves. Le Pr. Calamia rappelle que la Commission, déjà dans son "Livre blanc" de 1999, avait lié la "modernisation" de ces règles à une "décentralisation" de sa mise en oeuvre. Le résultat, souligne-t-il, est obtenu par "un renversement radical de la logique qui a marqué l'intervention communautaire pendant quarante ans". Le Pr. Calamia, qui n'hésite pas à qualifier la réforme Monti de "véritable révolution de la conception précédente" puisqu'on passe d'un système fondé sur "le principe que tout est interdit, sauf ce qui est permis" à un système selon lequel "tout est permis, sauf ce qui est interdit". Autre aspect important que relève l'auteur, le fait que les remèdes que la Commission peut demander aux entreprises concernées doivent respecter le principe de "proportionnalité". Dans ce contexte, précise le Pr. Calamia, "nous pensons pouvoir affirmer qu'il faudra une implication de l'entreprise" afin que l'évaluation et l'intervention de la Commission ne soient pas vues comme une "ingérence" gratuite dans la structure des entreprises.
(MG)
*** La COMMISSION EUROPEENNE (Office des publications officielles des Communautés européennes, L-2985 Luxembourg. Internet: http: //publications.eu.int) a publié le document suivant:
*** Au service des régions. Direction générale de la politique régionale (Internet: http://www.europa.int/comm/regional_policy/index_fr.htm ). Collection "Politique régionale". 2004, 36 p. ISBN 92-894-7333-9.
La politique régionale, indispensable à la cohésion économique, sociale et territoriale de l'Union, engloutit plus du tiers du budget européen mais n'a plus à faire ses preuves. Cependant, l'élargissement la met au défi de réduire le fossé entre nouveaux et anciens Etats membres tout en continuant d'aider les régions en difficulté des premiers. A titre d'exemple, le taux de chômage en 2002 tournait entre 2 et 3% pour le Tyrol autrichien ou pour Chypre, contre 29% pour l'île de la Réunion et 26% pour la région polonaise de Lubuskie. C'est pourquoi la Commission vient de faire une proposition de réforme pour la période qui s'ouvre à partir de 2007. C'est cette proposition de réforme qui est présentée dans cette publication visant à mieux faire connaître au citoyen l'outil de solidarité et de développement que constitue la politique régionale.
*** Régions et communes d'Europe. Comité des régions, Unité “Presse et communication” (92-102 rue Montoyer, B-1000 Bruxelles. Tél.: (32-2) 2822155 - fax: 2822085 - Internet: http: //http://www.cor.eu.int ). Juin 2004, n° 43, 12 p..
Régions et communes d'Europe est l'organe du Comité des régions, dont le rôle de défense des intérêts des collectivités régionales et locales et d'interface avec les citoyens a d'ailleurs été récemment salué par Romano Prodi. Ce numéro présente les points forts de la session plénière d'avril, notamment l'intervention de Neil Kinnock qui a jugé qu'une limitation de budget communautaire serait très dommageable à la croissance européenne. D'autres contributions proposent des informations sur la journée "porte ouverte" ou encore des interviews de personnalités politiques sur le rôle des régions en matière de cohésion européenne.
*** Notabene. Observatoire social européen (13 rue Paul Emile Janson. B-1050 Bruxelles. Tél.: (32-2) 5371971 - fax: 5392808 - Courriel: info@ose.be - Internet: http://www.ose.be ). Juillet 2004, n° 133, 20 p. Abonnement: 20 euros.
Ce numéro souligne que, malgré le vent nouveau qui a soufflé ces derniers temps sur les institutions européennes et à l'heure où le processus de Lisbonne est sur beaucoup de lèvres, le futur de la politique sociale européenne reste encore pour le moins nébuleux. A cet égard, la revue propose un article, long et fouillé, de Ramõn Peña Casas sur la question des incitants à l'emploi, c'est-à-dire les mesures - notamment financières - sensées rendre le travail plus attractif et ainsi faire baisser le taux de chômage. L'auteur, membre de l'Observatoire social européen, y élargit l'angle de vision sur un sujet truffé de sous-entendus et qui relève bien souvent de la langue de bois politique. Ce numéro inclut également un feuillet présentant le nouveau bilan des politiques sociales européennes en 2003.
*** Liaisons sociales Europe. Groupe Liaisons (1 Avenue Edouard-Belin, F-92500 Rueil-Malmaison. Tél.: (33-8) 25800929 - fax: (33-1) 44722027 - Internet: http//http://www.liaisons-sociales.com ). Juin-juillet 2004, n° 107, 12 p., 32 euros. Abonnement: 867,85 euros.
Liaisons sociales constate la faiblesse du volet social de la Constitution. Faiblesse qui aurait fait couler des "larmes de crocodile" au sein de la classe politique française, à laquelle Valéry Giscard d'Estaing rétorque que la Constitution prévoit désormais un vote à la majorité qualifiée, et non plus à l'unanimité, dans certains domaines sociaux. Les autres articles portent entre autres sur les Comités d'entreprise européens, le nouvel accord européen sur le stress au travail, l'égalité entre travailleurs à temps partiel et travailleurs à temps plein ou encore sur les résultats de rapports sur les retraites et le financement des régimes d'assurance maladie.
Revue en bref
*** The European Cosmetic, Toiletry & Perfumery - Market 2003 . The European Cosmetic Toiletry and Perfumery Association. Juin 2004, Brussels. Il s'agit du rapport annuel de cette association européenne présentant les statistiques et les tendances du marché pour l'année 2003. *** European Pulp & Paper. CEPI. Juillet 2004, Brussels. Cette édition se penche en particulier sur l'impact de l'EU Emissions Trading Scheme -une mesure faisant partie de l'éventail de moyens visant à réduire les émissions de CO2 - sur le prix de l'électricité et, par conséquent, sur la compétitivité de l'industrie papetière européenne.