Bruxelles, 26/07/2004 (Agence Europe) - Le Conseil Relations extérieures de lundi a appelé les Nations unies à adopter une résolution pour prendre des mesures ultérieures, y compris des sanctions internationales, à l'encontre du gouvernement soudanais si celui-ci ne respecte pas ses engagements de mettre fin immédiatement aux violations des droits de l'Homme au Darfour. Dans ses conclusions, le Conseil fait part de son inquiétude concernant la situation dans la région et critique sans détours l'inaction du gouvernement de Karthoum. Le Conseil annonce que l'Union européenne va prendre des mesures immédiates pour aider la population, et qu'elle va notamment augmenter son soutien humanitaire au Soudan.
Le Conseil demeure "extrêmement préoccupé" par la situation au Darfour et exprime son « mécontentement » à l'encontre du gouvernement soudanais qui n'a pas mis en œuvre ses engagements pour y mettre un terme. "Il n'y a aucune indication que le gouvernement du Soudan a pris des mesures réelles et vérifiables pour désarmer et neutraliser les milices armées, y compris les Janjaweed", déplore le Conseil qui se dit également préoccupé par des informations faisant état de l'intégration de milices dans les forces militaires du pays. La situation de la sécurité de la population est aussi alarmante. "Malgré toutes les annonces opposées du gouvernement du Soudan, il y a constamment des informations faisant état de violations massives des droits de l'Homme par les milices armées, dont les Janjaweed, y compris des viols systématiques de femmes ", indiquent les conclusions. Le Conseil insiste pour que Karthoum mette immédiatement fin à ces violences et appelle toutes les parties concernées à "s'engager de manière constructive" dans des négociations sous les auspices de l'équipe de médiation de l'Union africaine (UA).
Le Conseil réitère son soutien à la création d'une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur les événements au Darfour et salue la nomination d'Emmanuel Addo en tant qu'expert indépendant sur la situation des droits de l'Homme au Soudan. Le Conseil demande l'établissement d'une liste des dirigeants Janjaweed responsables de violations des droits de l'Homme et du droit international, y compris des personnes qui les ont soutenus. A partir de cette liste, le Gouvernement du Soudan devrait être « contraint d'enquêter sur ces personnes ». Karthoum et les mouvements rebelles doivent par ailleurs permettre aux organisations humanitaires d'effectuer leur travail dans des conditions de sécurité, insiste encore le Conseil. Outre une augmentation de son aide humanitaire, en termes financiers et logistiques, l'UE va proposer à l'UA d'envoyer une équipe d'experts civils et militaires pour évaluer les moyens d'aider sa mission d'observation sur le terrain. Le Conseil maintiendra la pression sur Karthoum et les mouvements rebelles pour qu'ils mettent en œuvre les actions qu'il leur avait demandées dès sa session du 12 juillet (EUROPE du 13 juillet, p.14).