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Bulletin Quotidien Europe N° 8737
JOURNEE POLITIQUE / (eu) otan/sommetd'istanbul

Interprétations divergentes de l'accord a minima sur l'Irak

Istanbul, 29/06/2004 (Agence Europe) - Les chefs de file des partisans et opposants à la guerre lancée en Irak l'an dernier par les Etats-Unis affichent à Istanbul des interprétations différentes de l'engagement pris lundi par l'OTAN d'aider l'Irak à former ses forces de sécurité (voir EUROPE d'hier, p. 8). Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, d'un côté, saluent toute l'importance de l'engagement pris par les 26 Alliés. La France, de l'autre côté, minimise la portée de l'accord, et le Président français Jacques Chirac a répété que l'OTAN "n'a pas vocation à intervenir en Irak". La formulation ambiguë du texte permet ces différentes interprétations. Les ambassadeurs à l'OTAN doivent désormais préciser la portée du texte, et les modalités de l'aide, en coopération avec les autorités irakiennes.

Le camp américain, appuyé par un responsable de l'OTAN, assure que l'accord de lundi n'exclut pas une présence de l'Alliance sur le sol irakien. Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a souligné en conférence de presse qu'une "implication plus importante de l'OTAN en Irak " était possible. "Toute trace de l'OTAN sur le sol irakien a été jugée inopportune", a déclaré en revanche le président Chirac à la presse. Selon lui, si l'OTAN intervenait, "les conséquences négatives, notamment psychologiques et politiques, seraient très supérieures aux conséquences positives". Le chancelier allemand Gerhard Schröder s'est dit satisfait de l'accord intervenu sur l'Irak. S'il a réaffirmé que son pays n'enverrait pas de troupes ni de formateurs sur place, il n'a pas exclu expressément que l'OTAN puisse jouer un rôle en Irak.

Le Secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer a affirmé lors de sa conférence de presse: "La déclaration est très claire sur le sujet: c'est l'OTAN qui se lance dans la formation. Des Etats peuvent aussi faire individuellement de la formation". Cela n'a pas empêché Jacques Chirac d'affirmer que le rôle de l'OTAN se limite à ses deux centres de formation des officiers en Allemagne et en Italie, le reste des entraînements étant opéré par les membres de l'Alliance et non l'Alliance elle-même.

Le président Bush et Tony Blair ont tenu lundi l'après-midi une conférence de presse commune. "Les gens commencent à voir que nous étions, en fait, des libérateurs", a déclaré le président américain. Le Premier ministre britannique a souligné le fait que "la communauté internationale se rassemble", avec l'engagement pris lundi par l'OTAN, qui a suivi la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Il a toutefois reconnu que la communauté internationale n'a pas encore "surmonté le désaccord" sur la question de savoir si l'intervention en Irak "était justifiée".

Le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero a confirmé que l'Espagne ne prévoit "aucune participation sur le territoire irakien". Le Canada a indiqué qu'il pourrait continuer à entraîner des policiers en Jordanie mais n'enverrait pas de formateurs en Irak même. La France est prête à former des gendarmes hors d'Irak. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a "confirmé que l'Italie est disposée à participer aux programmes de formations", qui pourraient être délivrées à la fois en Irak et hors d'Irak.

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