Guadalajara, 01/06/2004 (Agence Europe) - « Nous sommes engagés à réformer et revitaliser les Nations unies, y compris l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité », affirme la déclaration finale du Sommet UE/Amérique latine/Caraïbes de Guadalajara. Une formule de compromis qui reflète mal les appels pressants pour davantage de transparence et de représentativité au sein des organes multilatéraux lancés par les pays latino-américains, mais aussi par la France, l'Allemagne et l'Espagne. En ouvrant les débats, le président mexicain Vicente Fox a plaidé pour que la réforme des Nations unies permette de «refléter les aspirations de tous les peuples». La force des 58 pays participants au Sommet, représentant 30% des membres des Nations Unies, leur permet de peser en faveur d'une réforme de fond, a-t-il constaté.«Le Conseil de sécurité doit être plus représentatif et disposer d'une plus grande légitimité afin que ses décisions soient mises en oeuvre de manière plus efficace», a déclaré le chancelier allemand, Gerhard Schröder, en synthétisant les travaux d'une table ronde sur le multilatéralisme qu'il présidait. «La majorité a constaté que les structures actuelles des principaux organismes des Nations Unies reflètent davantage les relations politiques et l'équilibre des pouvoirs des années 60 que celles dont nous avons besoin aujourd'hui», a résumé à son tour le président chilien Ricardo Lagos. «La réforme du système des Nations unies est une priorité qui doit être abordée», a-t-il ajouté, en indiquant que «certains pays ont souligné la nécessité de canaliser les missions de paix à travers les Nations Unies, afin d'éviter les tentations d'intervention unilatérale qui affaiblissent le cadre multilatéral». Lors de son intervention, le président français Jacques Chirac a dénoncé «les impasses dans lesquelles conduit l'action unilatérale», en estimant que «les problèmes de sécurité, qui posent la question du recours à la force, sont désormais globaux et doivent être abordés dans un cadre multilatéral pour recevoir un traitement légitime». Jacques Chirac a plaidé, comme le chancelier Schröder, pour un élargissement du nombre de membres permanents et non-permanents au sein du Conseil de sécurité. Dans ce contexte, «il est évident que l'Amérique du sud doit être représentée au Conseil de sécurité», a-t-il dit à la presse, en précisant que «c'est à l'Amérique latine naturellement de se concerter pour désigner ceux qui pourraient être membre permanent ou membre non permanent supplémentaire».