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Bulletin Quotidien Europe N° 8716
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/amerique latine

Cuba s'est désolidarisé de la déclaration du Sommet

Guadalaraja, 01/06/2004 (Agence Europe) - Malgré l'absence de son chef de l'Etat, Fidel Castro, Cuba aura fait entendre haut et fort sa voix lors du Sommet UE/Amérique latine/Caraïbes à Guadalajara. Lors de la clôture de la session, le ministre des Affaires étrangères cubain, Felipe Pérez Roque, a estimé qu'il y avait eu une « grave omission dans la déclaration finale, qui ne mentionne pas la loi américaine Helms-Burton » sur l'embargo à Cuba dans les paragraphes condamnant les actions unilatérales (voir EUROPE du 29 mai, p.4). «L'Union européenne l'a empêché », a-t-il estimé. Le ministre cubain a également dénoncé les termes choisis pour dénoncer dans la déclaration «toute forme de torture et autre traitement inhumain» sans citer explicitement ni le sort des prisonniers irakiens ni les Etats-Unis. «Cuba réserve sa position à propos de la déclaration politique du Sommet, à cause des omissions flagrantes du texte, l'ambiguïté de son langage et parce que nous considérons que le consensus est resté bien en deçà des attentes les plus urgentes de notre peuple», a-t-il commenté.

Le président de la Commission, Romano Prodi, a « regretté profondément l'attitude des autorités cubaines parce qu'il n'est pas dans l'intérêt de Cuba de s'affronter avec l'Europe et de s'isoler de la communauté internationale». «L'UE ne souhaite pas isoler Cuba », a-t-il précisé. M. Prodi a souligné que l'UE condamne aussi bien la portée extraterritoriale de la loi Helms-Burton que la répression menée contre les dissidents à Cuba, contre « des personnes qui ne sont ni espions ni criminels mais exercent la liberté d'expression ». « Avant d'améliorer les relations avec Cuba, nous devons améliorer la situation », a-t-il souligné. Sur la même ligne, le président Chirac a souligné que « l'Union européenne et la France n'ont jamais été favorables à l'embargo en général et entre autres à Cuba », mais l'UE a aussi pris position «après la répression brutale de 75 dissidents et l'exécution de trois personnes qui avaient, je crois, détourné un petit bateau». Traitée par les ministres des Affaires étrangères et au niveau technique, la référence à la loi Helms-Burton dans la déclaration finale n'a jamais été abordée au niveau des chefs d'Etat, a précisé Jacques Chirac. Prudent après la reprise difficile du dialogue politique entre Mexico et La Havane, le président mexicain, Vicente Fox, s'est borné à constater que les participants ont « tenté de faire des efforts collectifs de dialogue » et que Cuba « avait le droit d'affirmer sa position qui n'est pas celle des autres ».

Le Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a souligné de son côté que la position de Cuba était « minoritaire, ce qui devrait être un motif de réflexion pour ce pays ».

Sur le fond, l'attitude de Cuba a «mis très mal à l'aise » les dirigeants latino-américains, constate un diplomate de la région. Pour les Européens, elle risque de rendre encore plus difficiles les tentatives de reprise de dialogue que la Présidence irlandaise avait amorcées et que favorisait le changement de gouvernement en Espagne.

 

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