Bruxelles, 19/04/2004 (Agence Europe) - Javier Solana, Haut représentant de l'UE pour la PESC, n'a pas souhaité commenter l'annonce du retrait des troupes espagnoles d'Irak (voir plus haut). "L'UE respecte les décisions lorsqu'elles sont prises démocratiquement. Il n'y a pas de doute qu'il s'agit d'une décision prise par un gouvernement démocratique après une élection. Il n'y a dès lors rien à dire", a dit M. Solana lundi à la presse à l'issue de la réunion entre le Comité politique et de sécurité de l'UE (Cops) et le Conseil de l'Atlantique nord (NAC). M. Solana a néanmoins souligné "l'engagement du Premier ministre espagnol à rester entièrement engagé dans la lutte contre le terrorisme et pour la stabilité de l'Irak". Le Secrétaire général délégué de l'Alliance atlantique, Alessandro Minuto Rizzo, a été encore plus concis en indiquant que l'OTAN ne jouait pas de "rôle direct" en Irak et qu'il n'avait donc pas à se prononcer. Pour le moment, "il n'y a pas de discussion formelle" pour que l'organisation joue un rôle direct en Irak. "La première priorité de l'Otan est l'Afghanistan", a-t-il répété.
La relève de la mission SFOR de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine par l'UE a également fait l'objet d'une discussion à laquelle a assisté l'Amiral Feist, le D-SACEUR de l'OTAN, qui a été le commandant en chef de la mission militaire de l'UE Concordia en Macédoine. La semaine dernière, Javier Solana a présenté au Cops son "concept général" sur la future mission de l'UE en Bosnie-Herzégovine. Ce "concept général", qui définit les modalités de la future mission de l'UE, devrait être approuvé par le Conseil de l'UE le 27 avril, après avoir fait l'objet de discussions du Cops, ces mardi et vendredi. Une fois ce concept adopté, l'UE travaillera à la planification et à la préparation stratégique de son opération en Bosnie, en attendant une décision formelle de l'OTAN de mettre un terme à sa mission sur le terrain. Dès que cette décision sera prise, en principe lors du Sommet d'Istanbul des 28 et 29 juin, le Conseil pourra décider de lancer la mission de l'UE au plus tard fin 2004 (voir aussi EUROPE du 7 avril, p.4).
Lors de la discussion sur le Kosovo, M. Solana a insisté une nouvelle fois sur la position bien connue de l'UE, défendue aussi vendredi dernier à Tullamore (voir plus haut): il faut appliquer la politique des "normes avant le statut", c'est-à-dire le respect des critères économiques et politiques par les Kosovars avant de procéder à la définition d'un statut définitif du Kosovo. M. Solana a aussi insisté sur la protection des minorités serbes et la reconstruction de la province à la suite des violences interethniques de mars dernier.