Bratislava, 22/03/2004 (Agence Europe) - En intervenant vendredi dernier à une conférence européenne qui a réuni à Bratislava plusieurs chefs de gouvernement d'Europe centrale et orientale, le Commissaire Günter Verheugen a précisé les prochaines étapes que la Commission européenne prévoit en vue de mettre en oeuvre sa nouvelle politique de voisinage ("Wider Europe") à l'égard des pays voisins qui, à ce stade, n'ont pas de perspectives de rejoindre l'UE (voir EUROPE du 12 mars, p. 10). D'ici l'été, a dit M. Verheugen, la Commission envisage de présenter aux Etats membres:
- un document de stratégie qui développera la "vision" qui inspire la nouvelle politique et qui posera les questions de fond;
- des rapports nationaux décrivant la situation politique, économique, sociale et institutionnelle de chacun des pays concernés;
- les premiers plans d'action nationaux pour un premier petit groupe de pays. Ces plans d'action bilatéraux seront "faits sur mesure" et comporteront notamment des engagements en matière de coopération politique et judiciaire, de libéralisation des échanges ainsi que sur la poursuite des réformes économiques nécessaires pour progresser vers l'établissement d'économies de marché. M.Verheugen a souligné le caractère consensuel que doivent avoir ces plans d'action: "Nous ne pouvons pas imposer nos règles à nos partenaires. Ils doivent être convaincus. C'est pourquoi les plans d'action ne contiendront rien qui n'a pas été entièrement approuvé par les deux côtés", a dit le Commissaire;
- un "Nouvel Instrument de Voisinage" (New Neighbourhood Instrument: NNI) qui doit servir à faciliter la coopération transfrontalière entre l'UE élargie et ses voisins. Cette coopération transfrontalière existe déjà aujourd'hui, mais elle se heurte à de nombreux obstacles pratiques et juridiques, car elle est fondée à la fois sur plusieurs programmes internes (à l'UE) et externes (dans les pays bénéficiaires). Le futur NNI sera un instrument unique qui permettra de travailler plus facilement des deux côtés, a expliqué M.Verheugen. Le Commissaire a reconnu que, dans le cadre des perspectives financières actuelles, les marges budgétaires sont plutôt réduites pour permettre le véritable décollage d'une politique "ambitieuse" à l'égard des pays voisins, accompagnée d'un accroissement de l'aide financière. "Cela veut dire que nous ne pourrons faire des progrès décisifs qu'après 2006, lorsque les nouvelles perspectives financières seront d'application", a admis M.Verheugen.