Bruxelles, 22/03/2004 (Agence Europe) - Les co-présidents du groupe Verts/ALE du Parlement européen, Monica Frassoni et Daniel Cohn-Bendit, ont écrit vendredi dernier au Président de la Commission européenne Romano Prodi et au Président du Conseil européen Bertie Ahern en leur demandant de refuser l'autorisation de mise sur le marché du maïs génétiquement modifié Bt11. La Présidence irlandaise vient en effet d'inscrire le dossier à l'ordre du jour du Conseil "Agriculture" des 26 et 27 avril. Dans leur lettre, les deux parlementaires mettent en évidence les faiblesses du dossier Bt11, soulignant en particulier que des rapports scientifiques établis en France, en Belgique et en Autriche montrent que la sécurité de ce maïs génétiquement modifié est loin d'être assurée. Monica Frassoni et Daniel Cohn-Bendit écrivent: "Les études d'opinion et les débats publics récents montrent un questionnement et un rejet massif et constant des OGM par le public européen". "Ce rejet est lié aux questions relatives au contrôle et à la sécurité alimentaire, mais aussi à l'impact des OGM sur l'environnement et la diversité", expliquent-ils.
Lundi, ce sont les Amis de la Terre Europe et Greenpeace qui ont lancé un appel aux gouvernements de l'UE pour qu'ils refusent le droit d'importer un riz génétiquement modifié. Objectif: éviter que le contrôle de l'une des principales denrées alimentaires de base "ne tombe entre les mains de compagnies multinationales". Les Etats membres ont jusqu'au 28 mars pour s'opposer à une demande de Bayer Cropscience (Allemagne) d'importer dans l'Union le riz LL62, un riz génétiquement modifié pour résister au glufosinate d'ammonium, herbicide développé par la société Bayer Cropscience elle-même. Outre le danger d'une prise de contrôle du secteur du riz par les multinationales, les deux organisations redoutent "un pillage au grand jour des richesses génétiques" des pays en développement par ces sociétés, qu'elles soient américaines ou européennes, ainsi qu'une menace lourde pour la biodiversité.