Bruxelles, 01/03/2004 (Agence Europe) - Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a dit vendredi à Paris qu'il pourrait être candidat à la présidence de la Commission européenne, s'il n'est pas réélu lors des élections générales luxembourgeoises du 13 juin. Après un déjeuner de travail avec son homologue français Jean-Pierre Raffarin, M.Juncker, qui a jusqu'ici catégoriquement nié toute aspiration à la succession de Romano Prodi, a dit à la presse qui l'interrogeait à ce sujet: "Mon choix dépendra de celui de l'électeur luxembourgeois. Si le suffrage universel me permet d'être reconduit dans mes fonctions de Premier ministre, je choisirai celles-là (...). Si je n'ai pas de mandat impératif de l'électeur luxembourgeois, je suis un homme libre". Le Président Chirac, après avoir reçu Jean-Claude Juncker, a répondu à la presse qu'il avait le plus grand respect pour le Premier ministre luxembourgeois et qu'il était certain de sa capacité d'exercer les plus hautes responsabilités de la meilleure manière possible. (Rappelons que la France a invité à Paris le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, qui serait dans la course pour la présidence de la Commission).
A Paris, M. Juncker a aussi indiqué à la presse que, pour parvenir à un accord sur la Constitution européenne, on pourrait garder"jusqu'en 2012, 2013, 2014" le système de pondération de voix au Conseil décidé à Nice, pour introduire ensuite, sans devoir passer par des modifications de la Constitution, le système de la double majorité proposé par la Convention européenne. M. Juncker a aussi expliqué pourquoi le Luxembourg, tout en étant contributeur net au budget de l'UE, avait refusé de signer la lettre des "Six" demandant de plafonner le budget de l'UE à 1% du PIB à partir de 2007. Il ne faut pas donner aux Européens l'impression que nous serons capables de faire face à tous les défis de l'avenir avec un budget plafonné à 1%, a-t-il déclaré, en estimant en outre qu'il n'était pas opportun de faire de telles annonces avant le début des négociations sur les perspectives financières de l'UE pour la période 2007-2013.