Bruxelles, 01/03/2004 (Agence Europe) - Dans un discours prononcé le 28 février, à l'UCLA Law First Annual Institute on US and EU Antitrust Aspects of Mergers and Acquisitions à Los Angeles, le Commissaire à la concurrence Mario Monti a mis en évidence la convergence croissante des politiques de la concurrence européenne et américaine, qui poursuivent les mêmes objectifs. Selon lui, la coopération entre l'UE et les Etats-Unis en matière de concurrence est l'une des plus grandes "success stories" de ces dernières années, une réalité d'autant plus encourageante "qu'il y a une perception que l'UE et les Etats-Unis ont des philosophies divergentes en matière de politique antitrust, et de contrôle des fusions en particulier". Mario Monti indique que la définition même de la politique de la concurrence est identique des deux côtés de l'Atlantique, notamment concernant l'intervention de l'Etat, qui doit respecter certaines limites. D'autre part, l'objectif final est le même: assurer le bien-être et le respect des consommateurs. Une même réalité économique et une même évolution de la pensée économique européenne et américaine expliquent, selon lui, cette convergence de vues, malgré un fonctionnement différent (les agences de la concurrence américaines vont devant les cours fédérales alors que l'UE a un système administratif avec possibilité de recours devant la CJE). Le Commissaire s'est aussi félicité de l'échange d'un "code de bonnes pratiques" entre les autorités européennes et américaines qui a contribué à l'approfondissement du dialogue, de même que de leur "étroite relation de coopération". Les réformes poursuivies en matière de concurrence par la Commission européenne iront au bénéfice d'un nouvel approfondissement du dialogue outre-atlantique, a estimé le Commissaire Monti, pour les clarifications apportées, dans le nouveau Règlement fusions, au test applicable pour l'évaluation des positions dominantes, faciliteront une convergence d'examen entre les instances européennes et les juridictions qui, à l'image des Etats-Unis, utilisent le test "SLC" (substantial lessening of competition - affaiblissement substantiel de la concurrence). Soulignant le fait que les autorités de la concurrence européennes et américaines sont souvent appelées à examiner les mêmes opérations de fusions, Mario Monti estime que la collaboration entre ces services "réduit de manière substantielle les risques d'une intervention réglementaire divergente ou incohérente par rapport à ces transactions". En conclusion, le Commissaire insiste sur l'importance et le poids de l'UE sur la scène mondiale en tant qu'élément régulateur de la concurrence. "L'Europe a de l'importance et est écoutée", s'est-il réjoui. Un poids qui, selon lui, ne fera qu'augmenter à l'avenir. "En tant qu'acteur de premier plan, l'UE a une influence réelle sur la structure globale de la politique antitrust", a-t-il conclu.