Bruxelles, 23/01/2004 (Agence Europe) - L'ancien Premier ministre français, Edith Cresson, soupçonnée d'avoir violé ses obligations pendant son mandat de Commissaire (1995-1999), devrait être bientôt entendue à sa demande par la Commission européenne. Parallèlement à l'enquête administrative menée par la Commission, la justice belge, qui a inculpé Mme Cresson en mars 2003 notamment pour « faux en écriture, usage de faux et prise illégale d'intérêt » lors de son passage à la Commission, envisagerait un non-lieu, faute d'éléments à charge. C'est du moins ce que révèle le quotidien français Le Monde daté de vendredi.
Le porte-parole du Commissaire Neil Kinnock a indiqué que les avocats de Mme Cresson ont répondu aux questions posées par la Commission en janvier 2003 et qu'il avait été décidé d'accepter d'entendre l'intéressée pour qu'elle puisse « exposer sa version des faits ». Cette source a souligné que les deux enquêtes sont distinctes, bien que liées l'une à l'autre. Ainsi, il a déclaré que si la justice belge venait à blanchir Mme Cresson en prouvant son innocence, la Commission en tiendrait compte. Il a rappelé que la Commission, si elle arrivait à la conclusion contraire, déposerait une plainte devant la Cour de justice pour obtenir l'annulation d'une partie ou de l'intégralité de la pension de retraite de Mme Cresson.
Pour rappel, l'ancienne Commissaire est soupçonnée d'avoir fait bénéficier son ancien dentiste, René Berthelot, décédé depuis, d'un emploi de complaisance à la Commission en 1996 et 1997, et d'avoir favorisé une firme française dans le cadre du programme européen de formation Leonardo, placé sous sa responsabilité. L'affaire Cresson avait déstabilisé la Commission dirigée par Jacques Santer qui avait été finalement contrainte à la démission collective en mars 1999.