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Bulletin Quotidien Europe N° 8612
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/cig

Sommet Chirac-Schröder-Blair en février ? - M. de Villepin précise la notion de "intégrations complémentaires" -VGE en appelle aux "pays fondateurs" - M.Aznar assure sa volonté de compromis - M. Schröder réitère ses critiques contre Espagne et Pologne

Bruxelles, 22/12/2003 (Agence Europe) - Une semaine après l'échec du Sommet /CIG de Bruxelles, Jacques Chirac, Gerhard Schröder et Tony Blair auraient l'intention de tenir un nouveau sommet à trois dès février ou même avant, pour discuter sans doute de la situation internationale et de la politique européenne de défense, indique le Financial Times du 22 décembre. Les récents développements, affirme le quotidien, ont fait comprendre au Premier ministre britannique "combien la relation trilatérale peut être utile".

Par ailleurs, dans un article intitulé Les leçons de Bruxelles publié dans des journaux de plusieurs pays, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, évoque l'architecture « de l'Europe de demain » qui, dit-il, "ne pourra plus vraisemblablement conserver la simplicité des premiers temps de la construction européenne", et devra "sans doute s'organiser autour d'un socle commun complété, chaque fois que nécessaire, par des coopérations plus flexibles". Selon lui, ce socle serait "l'espace européen de prospérité et de solidarité" (marché unique, aides régionales, grandes infrastructures, transports, recherche, innovation et formation) pour lequel "la norme commune devra s'imposer à tous et ne souffrira d'exceptions qu'à titre temporaire". Au-delà, précise M. de Villepin, "les efforts supplémentaires d'intégration devront être conduits de manière plus souple. Ils réuniront ceux des membres de l'Union prêts à aller de l'avant et qui doivent pouvoir le faire dans le cadre des dispositions de la future Constitution". Selon lui, il s'agit là de "consolider l'Union tout en prévoyant la possibilité d'intégrations complémentaires, menées à quelques-uns selon des règles spécifiques", en respectant la solidarité communautaire, en assurant "l'information de tous" et en préservant "la cohésion des institutions européennes, tout en inventant des dispositions particulières en leur sein pour ces groupes pionniers". Ces intégrations complémentaires, remarque-t-il, "trouveront naturellement leur place, de la même manière que notre pays a su conduire, avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, une coopération particulièrement utile à l'égard de l'Iran en matière de non-prolifération. Ce précédent, nous pourrons le renouveler demain, par exemple en renforçant le partenariat entre nos industries de défense ou en lançant, en Afrique ou ailleurs, des initiatives politiques ou des opérations de solidarité".

Le président de la Convention européenne, Valéry Giscard d'Estaing, répond pour sa part à une question sur l'opportunité de lancer la création d'un noyau dur, dans Le Monde du 20 décembre: "non, pas pour le moment. Concentrons nos efforts sur l'adoption de la Constitution, débattons avec les Etats qui ont eu des hésitations, essayons de comprendre leurs demandes. Avec une nouvelle Commission, un nouveau Parlement qui exprimera l'opinion des citoyens, on peut aboutir". Quant au couple franco-allemand, selon VGE, il demeure "essentiel, mais le groupe des pays fondateurs est peut-être plus qualifié parce qu'il reflète mieux la réalité d'aujourd'hui: il comprend le pays le plus grand, l'Allemagne, et le plus petit, le Luxembourg (...). D'autres pays soutiennent les mêmes positions, comme la Grèce, la Hongrie, le Danemark. Parlons de l'ensemble de ces pays et imaginons leur rôle".

Quant au chancelier Schröder, il a réitéré dans une interview à la Bild am Sonntag ses reproches à Varsovie et Madrid, en affirmant que "l'Allemagne a toujours jugé légitime de défendre ses intérêts nationaux, mais ceci ne doit pas passer avant l'intégration européenne. La Pologne et l'Espagne n'ont pas le même avis". Cela dit, M.Schröder se déclare convaincu qu'on pourra s'entendre "à l'unanimité sur un projet de Constitution l'année prochaine" , "peut-être pas au premier trimestre".

José Maria Aznar répète pour sa part, dans une interview au Corriere della Sera du 21 décembre, qu'à Bruxelles il avait "travaillé pour un compromis". Et il insiste: « je crois que certains pays, comme l'Espagne, voulaient l'accord, alors que d'autres sont arrivés au sommet avec la claire détermination de ne pas aboutir à un compromis ». Selon lui, les critiques adressées "à la Présidence italienne ou à l'Espagne et à la Pologne sont injustes". Le Premier ministre espagnol, qui considère un accord possible avant la fin 2004, note par ailleurs que "une Europe à deux vitesses existe déjà". Et il cite, à côté de la défense, "les deux vitesses de l'Europe de la croissance et de celle sans croissance" (allusion à la performance économique de son pays).

Par ailleurs, lors d'un débat de la Délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée nationale sur la CIG, le 17 décembre à Paris, le président de la Délégation (et "conventionnel") Pierre Lequiller a dit en particulier que de futurs groupes pionniers devraient être formés à la fois d'anciens et nouveaux Etats membres. M.Lequiller, selon un compte-rendu de la Délégation, a aussi noté que la France a accepté de sacrifier sa parité avec l'Allemagne en acceptant le système de la double majorité au Conseil, alors que, d'un point de vue national, elle avait autant intérêt au statu quo que l'Espagne et la Pologne.

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