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Bulletin Quotidien Europe N° 8607
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/environnement

La ratification du Protocole de Kyoto reste suspendue à la décision de la Russie

Bruxelles, 15/12/2003 (Agence Europe) - Après deux semaines de discussions, la conférence de l'ONU à Milan sur le changement climatique s'est conclue vendredi dernier dans un climat d'incertitude en ce qui concerne l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto. Suite à la défection des Etats-Unis, seule la Russie a aujourd'hui le poids nécessaire pour faire de la ratification du Protocole une réalité, mais le suspense reste, suite aux déclarations de son chef de délégation Alexander Bedritsky. Celui-ci, indique l'AFP, exige la renégociation d'un mécanisme du protocole encourageant les investissements propres des Occidentaux dans les économies en transition. "Cela, ainsi qu'un nombre d'autres obligations, a modifié de manière significative les conditions dans lesquelles nous pourrions participer au Protocole de Kyoto dans sa forme actuelle", a-t-il ainsi déclaré. Il a cependant laissé la porte ouverte à une possible ratification.

Lors de la conférence, une majorité des 95 ministres de l'Environnement ont montré leur attachement au protocole dont l'UE reste un fervent partisan. "Le Protocole de Kyoto est le seul instrument sur la table" pour combattre le changement climatique, a nettement dit la Commissaire européenne à l'environnement Margot Wallström. La conférence a finalisé des règles techniques d'application encore en suspens et s'est mise d'accord sur le fonctionnement d'un "Fonds spécial sur le changement climatique" et d'un "Fonds pour les PMA" (pays les moins avancés) alimentés par des contributions volontaires des pays du Nord, qui aideront les voisins du Sud à s'adapter à l'impact du réchauffement planétaire et à s'équiper en technologies moins polluantes. Les 15 Etats membres de l'UE avaient déjà confirmé, dès l'ouverture de la conférence, une contribution totale de 369 millions de dollars (dont seule l'Italie a publié sa quote-part, à savoir 86 millions de dollars). Le Canada a annoncé pour sa part, alors que se clôturaient les discussions, qu'il allait débloquer 35 millions de dollars US dans le cadre de cet accord.

Du côté des associations écologistes, "Friends of the Earth International" se veut optimiste quant à l'avenir du protocole mais dénonce l'attitude négative des Etats-Unis qui, même s'ils n'ont pas ratifié le Protocole, peuvent participer aux discussions. Elle se montre également très opposée à l'utilisation d'arbres génétiquement modifiés pour le stockage des gaz à effet de serre (voir EUROPE du 11 décembre, p. 12). "Les pays du nord qui ont tellement contribué aux changements climatiques ne doivent pas compenser les dommages causés en imposant des schémas de plantation qui sont destructeurs pour le Sud sur le plan environnemental et social. Nous continuerons à dénoncer et à combattre les projets qui nuisent aux forêts et qui sont mis en avant au sud comme alternative aux réductions des émissions au nord", a déclaré en substance Roger Higman, de Friends of the Earth.

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