Bruxelles, 30/10/2003 (Agence Europe) - Les ministres de l'Economie et des Finances des Etats de la zone euro échapperont difficilement lundi soir à un affrontement sur le dossier du déficit français. A moins que le Comité économique et financier (CEF) ne parvienne, quelques heures plus tôt, à dégager une piste de compromis sur les recommandations précises à adresser à la France pour qu'elle parvienne, en 2005 au plus tard, à ramener son déficit public sous la valeur de référence de 3% du PIB.
Lors du CEF de vendredi dernier, les délégations se sont divisées en trois groupes. La grande majorité des Etats membres est d'accord avec la recommandation de la Commission européenne du 21 octobre dernier, qui proposait de demander aux autorités françaises de réduire l'année prochaine d'un point de pourcentage le déficit structurel (hors aléas de la conjoncture), en échange d'un report d'un an, de 2004 à 2005, de l'échéance pour le retour du déficit nominal sous les 3% du PIB. Pour les Pays-Bas, la Finlande et l'Autriche, la Commission se montrerait trop indulgente à l'égard de la France. Ce petit groupe de pays estime que la France, dont le déficit public dépassera les 3% du PIB pendant trois années de suite (2002, 2003 et 2004), ne doit pas échapper aux sanctions prévues dans le Pacte de stabilité et de croissance. L'irritation de ces pays est d'autant plus grande que la France a sèchement refusé la recommandation de la Commission. La France a prévu, dans son projet de budget 2004, une réduction de 0,6 point de pourcentage le déficit structurel et fait valoir qu'elle ne pourra pas réaliser l'effort supplémentaire demandé par la Commission et qui est chiffré à 6 milliards d'euros. La position de la France est soutenue au moins par l'Allemagne et l'Italie. Certains diplomates ne désespèrent pas de voir la France faire quelques concessions afin de parvenir à une solution acceptable par les différentes parties. La décision sur les recommandations doit être prise à la majorité qualifiée pondérée des deux tiers des Etats membres de la zone euro, la France ne votant pas.
Selon Pedro Solbes, les ministres doivent maintenant assumer leurs responsabilités
Lors de la présentation de ses prévisions économiques d'automne, le Commissaire Pedro Solbes a déclaré mercredi que la Commission européenne avait « rempli son rôle et respecté ses obligations » face à la dérive du déficit public français et qu'il appartenait désormais au Conseil de « statuer » et d'assumer « ses responsabilités ».