login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8576
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/chine

Au sommet de Pékin, UE et Chine s'engagent à approfondir leurs relations

Bruxelles, 30/10/2003 (Agence Europe) - La publication par la Commission européenne, le 10 septembre dernier, d'une communication sur l'approfondissement des relations UE/Chine et l'opération similaire effectuée par Pékin le 13 octobre avec son "China's EU Policy Paper" confirmaient l'intérêt croissant que se portent l'Union et la République populaire. C'est aussi la teneur du communiqué commun publié à l'issue du Sommet annuel UE/Chine, jeudi à Pékin: les parties, qui ont ont convenu de la "maturité et (de) la nature stratégique croissante de leur partenariat" se sont engagées à élargir et à approfondir leurs relations dans la perspective de l'établissement d'un "partenariat stratégique général". Ce Sommet, le sixième du genre, aura essentiellement été centré sur le renforcement des relations commerciales et l'examen de la situation internationale, laissant ainsi quelque peu de côté la question des droits de l'homme.

Après une rencontre avec Silvio Berlusconi, Romano Prodi et Javier Solana, le Président Hu Jingtao a constaté, selon l'agence Xinhua , que "les relations sino-européennes ont enregistré un parcours de trente ans, en passant par les épreuves du temps et le changement de la situation internationale" et que "nous développons ces relations au point de vue stratégique et à long terme"."Une Europe unie et puissante répond non seulement aux intérêts fondamentaux des peuples européens, mais contribue aussi à la paix, à la stabilité et au développement dans le monde", a assuré le président de la République populaire de Chine.

Sur les questions internationales de l'heure, Chinois et Européens ont réaffirmé leur engagement en faveur de la paix, de la sécurité et du développement durable dans le monde, plaidant pour un renforcement du rôle des Nations unies à cet égard. Ils ont également réaffirmé leur soutien au processus de paix au Proche-Orient et souligné "la nécessité que l'Irak recouvre rapidement sa souveraineté". Après un échange de vues sur la situation en Birmanie, les deux parties ont manifesté leur soutien aux efforts visant à promouvoir la non prolifération des armes de destruction massive dans la péninsule coréenne, l'UE apportant un appui sans réserve au rôle joué par Pékin dans ce dossier. Concernant Taïwan, la délégation européenne a rappelé son attachement à une solution par le dialogue dans le cadre d'une "one China policy" et les Chinois ont réitéré leur attachement aux principes de la réunification pacifique et de "un pays, deux systèmes". Les deux parties sont également tombées d'accord sur la nécessité d'agir à la fois bilatéralement et multilatéralement dans la lutte contre le terrorisme.

L'importance des dossiers économiques et des dossiers de l'Irak et de la Corée du Nord n'aura laissé que peu de temps aux participants au Sommet pour procéder à un échange substantiel sur la question des droits de l'homme. Dans leur communiqué final, Européens et Chinois se contentent de se féliciter des résultats de leur dialogue dans ce domaine et se promettent de le poursuivre sur la base du "respect mutuel" tout en réaffirmant leur engagement d'aboutir à "davantage de résultats significatifs et positifs sur le terrain". Répondant à Amnesty International, qui avait appelé l'UE à exercer des pressions politiques sur Pékin pour obtenir des améliorations concrètes de la situation des droits de l'homme en Chine, le porte-parole du ministre chinois des Affaires étrangères, a déclaré: "La confrontation n'est pas une solution. Nous pensons que le dialogue, mené dans le respect mutuel, est bon pour le développement des relations entre la Chine et l'UE".

Dans le domaine économique, la Chine entend porter le montant de ses échanges commerciaux avec l'UE à 200 milliards de dollars en 2013, contre quelque 100 milliards attendus cette année. Cet objectif a été annoncé lors de la réunion du Comité mixte UE/Chine qui a précédé le Sommet. Cette réunion a été l'occasion de décider de mettre en place un mécanisme de dialogue commercial qui devrait notamment contribuer à la recherche de solutions sur certains aspects délicats des relations entre les parties (mise en oeuvre des engagements pris par la Chine à l'OMC dans le domaine du commerce des biens et des services, dumping, contrefaçon, etc.; voir aussi EUROPE d'hier, p. 13), autant de sujets qui ont aussi été abordés lors du Sommet. Plus concrètement, ce Sommet aura débouché, comme on s'y attendait, au paraphe d'un accord sur le dialogue sino-européen en matière de politique industrielle - dont l'objectif est de faciliter à terme l'écoulement des produits industriels respectifs de l'UE et de la Chine -, à un accord sur la participation de la Chine au programme européen de navigation par satellite Galileo ainsi qu'à l'accord dit "de destination autorisée" dont l'application facilitera les procédures (visas) pour les groupes de touristes chinois désireux de voyager en Europe. Ces accords ont été qualifiés d'"étapes importantes" par le Premier ministre chinois Wen Jiabao lors de ses entretiens avec Silvio Berlusconi, Romano Prodi et Javier Solana. "Nous pouvons dire que les relations entre les Chinois et les Européens deviennent plus mûres et plus actives", a-t-il notamment dit à M. Berlusconi, qui lui a répondu: "la coopération économique entre la Chine et l'UE s'est rapidement développée ces dernières années, mais je pense que nous pouvons faire beaucoup plus dans ce domaine".

Enfin, ce sixième Sommet UE/Chine aura également été l'occasion pour les parties de convenir de la nécessité de renforcer leur coopération en matière de lutte contre l'immigration illégale et le trafic des êtres humains. L'UE a pour sa part exprimé le souhait que soient bientôt lancées des discussions exploratoires en vue d'un accord de réadmission avec la Chine.

 

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLEMENT