Bruxelles, 30/10/2003 (Agence Europe) - Silvio Berlusconi a eu mercredi à Downing Street une rencontre d'une heure et demie avec Tony Blair. Ce dernier a confirmé son hostilité à l'extension de la majorité qualifiée à des domaines comme la fiscalité, et sa préférence pour un ministre européen des Affaires étrangères rattaché au Conseil européen. Sur la défense européenne, MM. Berlusconi et Blair ont insisté une fois de plus sur la complémentarité avec l'OTAN.
"Nous ne devons pas nous montrer dogmatiques" sur la demande des "petits" pays de l'UE d'avoir un Commissaire dans la future Commission européenne, a dit, pour sa part, le chancelier Schröder à la presse, mercredi, lors d'une visite à Bratislava.
Par ailleurs, dans un entretien accordé au quotidien Kanuun Sanomat, le secrétaire général du Parlement finlandais, Seppo Tiitinen, a récemment indiqué que certaines dispositions du projet de traité constitutionnel pourraient imposer une révision de la Constitution finlandaise. Il s'agit de la clause passerelle qui permet par une décision du Conseil européen de passer de l'unanimité au vote à la majorité qualifiée. Une telle disposition serait contraire à l'obligation de ratification de toute décision ayant un impact sur le transfert de compétences. L'éventuelle procédure simplifiée de révision de la partie III du traité poserait le même problème mais, note un observateur averti, l'opposition au sein de la CIG de plusieurs Etats à ces deux dispositions devrait rendre la révision de la Constitution finlandaise inutile.
Jugement cinglant, enfin, du libéral-démocrate britannique Andrew Duff, député européen et ancien "conventionnel", sur les travaux menés, jusqu'ici, à la Conférence intergouvernementale: "La CIG, comme cela était prévisible, n'est qu'une duplication du travail de la Convention, mais à un niveau inférieur (...). Les gouvernements avancent des arguments qui ont été ou bien déjà intégrés dans le paquet final de la Convention, ou bien écartés, parce que considérés peu praticables et n'étant pas dans l'intérêt commun de l'Union dans son ensemble". Dans un communiqué, M. Duff met en garde: "Les initiatives individuelles de Conseils sectoriels ne sont pas du tout les bienvenues. Les propositions réactionnaires du Conseil Ecofin (...), qui auraient aboli le contrôle parlementaire sur le budget de l'UE et condamné l'Union à des années de bagarres destructives sur l'argent, sont un exemple". Et il insiste: "On ne doit pas permettre aux gouvernements de choisir de manière sélective dans le Traité de Nice. La Convention a ou bien reçu le mandat de renégocier tout le paquet, ou bien elle ne l'a pas reçu".