Bruxelles, 09/10/2003 (Agence Europe) - La présidente de la Lettonie, Vaira Vike-Freiberga, a plaidé, jeudi devant le Parlement européen, pour que le futur traité constitutionnel respecte le principe de l'égalité entre petits et grands mais aussi entre anciens et nouveaux pays membres, ainsi que l'équilibre entre les institutions communautaires. "L'Union ne doit pas être divisée entre grands et petits, entre riches et pauvres", a-t-elle affirmé. A cette fin, il est important que chaque pays puisse continuer à être représenté au sein de la Commission ("sinon comment pourrait-elle rester un organe collégial ?"), que le système de la rotation des présidences des Conseils sectoriels soit maintenu, que toute coopération renforcée reste "accessible à tous" et que tous les pays membres soient associés à la prise de décision en matière de politique commune de défense. La Lettonie veut une "Union forte", ce qui nécessitera aussi une clarification des compétences exactes du président du Conseil européen ("sa tâche doit se limiter à coordonner les travaux et à fixer l'ordre du jour des Conseils européens, soit la tâche actuelle d'un Premier ministre du pays qui détient la présidence de l'UE"), du ministre européen des Affaires étrangères et du président de la Commission, a poursuivi la Présidente lettone. Le système de la double majorité pour les votes au Conseil est acceptable pour la Lettonie, mais le seuil minimum Etats/population pour la majorité qualifiée devrait être 50%/50% au lieu des 50%/60% proposés par la Convention. Mme Vike-Freiberga a aussi estimé que "la Lettonie apportera dans l'Union son expérience, notamment scientifique", soulignant les grandes qualités des scientifiques lettons dans des domaines tels que la physique, la chimie, les mathématiques ou les sciences naturelles. Le petit pays balte veut aussi jouer un rôle d'avant-garde dans l'application généralisée des technologies de l'information et des communications et appuiera, par ailleurs, l'idée de la création d'une vaste "zone européenne pour la recherche" technologique. Les futures aides régionales de l'UE serviront d'ailleurs en grande partie à promouvoir, sur l'ensemble du territoire letton, "une économie fondée sur la connaissance", ce qui contribuera aussi à empêcher la fuite des cerveaux vers d'autres destinations. Mme Vike-Freiberga a longtemps insisté sur le caractère multiculturel de la société lettone, sur son ouverture et sa tolérance à l'égard des minorités vivant sur son territoire, notamment la minorité russophone; elle a aussi défendu la politique linguistique estimant que celle-ci répond à toutes les normes définies par le Conseil de l'Europe, l'OSCE, la Commission européenne et l'ONU. Après un passé difficile et douloureux, les relations avec la Russie ont connu un "changement positif" après la décision sur l'adhésion du pays balte à l'UE et à l'OTAN, créant ainsi une "base saine" pour un rapprochement progressif. "La Lettonie veut une intensification des relations entre l'UE élargie et la Russie, avec beaucoup de pragmatisme", a-t-elle dit. A l'issue de son intervention devant le PE, lors d'une conférence de presse, la présidente s'est dite confiante que le prochain rapport annuel de la Commission européenne sur son pays fera état des "progrès considérables" faits en Lettonie depuis le dernier rapport en automne 2002, et qu'il notera que le pays balte "est sur une très bonne voie en vue de remplir toutes les conditions d'adhésion avant le 1 mai 2004". La Commission devra publier ses rapports réguliers pour les treize pays candidats le 5 novembre prochain.