Bruxelles, 29/08/2003 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté par procédure écrite une communication recommandant au Conseil d'entamer des consultations soutenues avec la Guinée sur la détérioration de la démocratie dans le pays, comme prévu par les articles 9 et 96 de l'accord de Cotonou et en prévision de la prochaine élection présidentielle, au mois de décembre. Le groupe de travail UE/ACP examinera cette communication lors de sa réunion du 2 septembre. Il reviendra ensuite au Conseil de prendre la décision d'entamer cette période de consultations qui doit durer 60 jours.
La Commission considère que le processus de démocratisation de la Guinée n'a cessé de se détériorer depuis 1998. Elle est particulièrement inquiète d'un changement constitutionnel, survenu en novembre 2001, permettant au président actuel, Lansana Conte, de se présenter pour un troisième mandat lors de l'élection du mois de décembre (alors que la constitution précédente limitait la présidence à deux mandats de cinq ans). La Commission recommande donc au Conseil d'entamer des consultations avec le pouvoir guinéen pour insister sur l'importance que l'UE attache aux réformes électorales dans le pays, à un traitement équitable de tous les candidats politiques pendant la campagne et le scrutin et à la liberté d'information des médias. La Commission recommande également la création d'un organe de supervision des élections totalement indépendant.
Au terme de la période de consultations, le gouvernement guinéen doit avoir pris des engagements concrets pour mettre en oeuvre les réformes nécessaires dans les plus brefs délais. Dans le cas contraire, l'article 96 de l'accord de partenariat UE/ACP, dit de "Cotonou", permet à l'UE de prendre des mesures (en dernier ressort, la suspension partielle ou totale de la coopération entre l'UE et la Guinée).