Bruxelles, 29/08/2003 (Agence Europe) - A l'occasion de la rentrée de septembre, et après la rencontre du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin avec la Commission européenne (voir EUROPE du 28 août, p.4), les présidents de trois groupes politiques du PE ont exprimé jeudi devant la presse leurs différentes opinions sur la mise en oeuvre du Pacte de stabilité et de croissance.
Ainsi, le président du groupe socialiste Enrique Baron, en notant que le Pacte avait été adopté "avant l'euro", a rappelé: "j'ai toujours pensé qu'il fallait mettre à jour ce Pacte". Sans arriver à dire, comme le Président Prodi, que le Pacte est "stupide", je trouve qu'il faut faire preuve d'intelligence dans son application, a déclaré le socialiste espagnol, en lançant: "il faut que les gens ne soient pas stupides, pas seulement le Pacte". Selon lui, il ne faudrait donc pas traiter de la même façon les "dépenses courantes" et "les investissements pour le futur"- ce qui signifie qu'il faudrait exclure du calcul des déficits excessifs les réseaux transeuropéens et la "golden rule". Ce n'est pas raisonnable, si un déficit budgétaire augmente, "d'aggraver la situation par une amende", s'est-il écrié.
Tout autre son de cloche chez le président du groupe PPE-DE Hans-Gert Pöttering. Notre groupe, a-t-il insisté devant la presse, se considère "garant" du respect du Pacte - "de croissance et de stabilité, ou de stabilité de croissance", a-t-il dit (mercredi, lors de sa conférence de presse avec Jean-Pierre Raffarin, le Président Prodi avait parlé de Pacte " de croissance et de stabilité", ce qui n'a pas échappé au Premier ministre français). Le député de la CDU s'est étonné que, pendant les vacances d'été, la Commissaire aux Affaires sociales Anna Diamantopoulou ait demandé d'exclure la recherche et l'éducation du calcul du plafond de 3% de déficit. D'autres risquent alors de demander la même chose pour les infrastructures ou les dépenses pour la défense (ce qu'a fait notamment la France: NDLR), s'est-il inquiété. Et il a mis en garde: il ne faut pas s'imaginer qu'un endettement supplémentaire entraînera davantage de croissance, au contraire, il provoquera une hausse des taux d'intérêts, et la croissance en pâtira.
En évoquant les difficultés budgétaires rencontrées actuellement par la France et l'Allemagne, le président du groupe libéral, Graham Watson, a déclaré jeudi à quelques journalistes que son groupe soutiendrait la Commission dans sa détermination d'exiger une application stricte des dispositions du Pacte . Si la Commission devait un jour se trouver dans la position de devoir sanctionner les deux Etats membres en question, elle adopterait une « approche progressive » comportant différentes étapes (des recommandations de plus en plus précises) plutôt que d'imposer immédiatement des amendes à ces pays, a nuancé le libéral britannique. Selon lui, la Commission tiendra compte, dans sa « politique progressive », des mesures que les Etats membres envisagent de prendre pour remédier au dérapage de leurs déficits publics. Par ailleurs, M. Watson a estimé qu'il y avait de quoi être très fier de l'euro. Dans la perspective du référendum du 14 septembre en Suède et des décisions qui seront prises au Royaume-Uni et au Danemark, « la Commission européenne doit s'assurer que l'euro reste crédible », a souligné aussi M. Watson.