Bruxelles 28/08/2003 (Agence Europe) - Les deux coprésidents du groupe des Verts/ALE du Parlement européen, le Français Daniel Cohn-Bendit et l'Italienne Monica Frassoni, demandent à la Commission européenne de mettre en place un "Pacte de stabilité climatique" pour obliger l'UE à tenir ses engagements en matière de réduction des émissions de CO2 prévus par le Protocole de Kyoto. Ils demandent en outre l'élaboration d'une véritable politique énergétique durable prévoyant des objectifs obligatoires - et revus à la hausse - concernant les énergies renouvelables et la cogénération, ainsi qu'une réduction annuelle de 1% de la consommation d'énergie au sein de l'UE.
Dans une lettre adressée à Romano Prodi, le Président de la Commission européenne, les deux députés européens citent des études publiées par l'Agence européenne pour l'environnement qui démontreraient que certains Etats membres (le Portugal, l'Espagne, la Belgique, l'Italie et l'Irlande) "sont loin de participer à la réduction de la pollution atmosphérique" tandis que d'autres, l'Allemagne et le Royaume-Uni, "sont sur la bonne voie". Ils estiment en outre que l'initiative de la Présidence italienne en faveur de la croissance, qui vise à augmenter les investissements privés en faveur notamment des réseaux transeuropéens de transport, "va à l'encontre d'une réelle politique de développement durable" et qu'il faut concentrer les investissements dans les transports ferroviaires et fluviaux. A ce titre, ils saluent l'accord survenu mardi entre la Commission et le ministre allemand des Transports, Manfred Stolpe, visant à introduire une nouvelle taxe pour les poids lourds qui servira, en partie, à financer de nouvelles infrastructures ferroviaires (voir EUROPE du 27 août, p.7).
Les députés verts luxembourgeois Claude Turmes, et belge Pierre Jonckheer, tous deux cosignataires de la lettre, ont pour leur part stigmatisé la politique énergétique actuelle de l'UE. Selon Claude Turmes, "les centrales électriques nucléaires et au charbon (de l'UE) ne sont efficaces qu'à 35%, perdant ainsi davantage d'énergie dans l'air et dans l'eau qu'elles ne produisent d'électricité". Pierre Jonckheer juge la proposition de directive sur la taxation de l'énergie "trop faible" pour permettre aux Etats membres d'utiliser cet instrument afin de respecter leurs engagements de Kyoto.