Bruxelles, 13/06/2003 (Agence Europe) - Le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a souligné l'importance des relations entre l'UE et les Etats-Unis, en dépit des divergences momentanées sur la guerre en Irak, et a lancé un appel à leur revitalisation et renforcement pour assurer, ensemble, la stabilité et la paix dans le monde. "Les relations transatlantiques UE/Etats-Unis constituent l'épine dorsale du système de sécurité commune du 21ème siècle, pas seulement en Europe, mais dans le monde entier", a dit M.Fischer mercredi soir dans un discours devant la American Chamber of Commerce to the European Union (AMCHAM). "Nous avions des divergences de vues avec nos amis américains à propos de la guerre en Irak, car nous estimions que tous les moyens pacifiques n'avaient pas été épuisés. Il n'en demeure pas moins que nous avons les mêmes intérêts que les Etats-Unis en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme et les armes de destruction massive, ainsi que la pacification et stabilisation de la région du Proche-Orient". Tous ces objectifs ne pourront être atteints qu'avec des relations transatlantiques fortes et étroites, et "toute confrontation entre l'Europe et les Etats-Unis serait absurde", a affirmé M.Fischer, qui a aussi tenu à assurer aux Etats-Unis que le développement d'une véritable politique étrangère, de sécurité et de défense dans l'UE ne vise pas à affaiblir les relations transatlantiques et l'OTAN, mais à les renforcer. "Ce n'est pas une Europe forte qui menace l'OTAN mais, au contraire, une Europe faible. Un seul pilier fort (les Etats-Unis) ne sera pas suffisant. Il en faudra deux", a dit M.Fischer.
Quant au prochain élargissement de l'UE et au travail de la Convention, M.Fischer a parlé d'une "révolution silencieuse" qui a commencé en 1989 et qui changera "complètement l'histoire de l'Europe moderne". "Nous n'aurons plus jamais des confrontations militaires en Europe", mais il faudra rester vigilants aux nationalismes et aux problèmes ethniques (notamment en Europe de l'Est) qui restent "le principal défi" pour l'UE élargie, a dit M.Fischer.