Bruxelles, 11/06/2003 (Agence Europe) - Améliorer la santé, et donc la vie, des citoyens européens dans le cadre de l'élargissement de l'UE mais aussi des travaux de la Convention européenne: tel est l'objectif que s'est fixé la Présidence italienne de l'UE, qui débutera le 1er juillet 2003. En présentant à la presse les priorités de sa présidence, le ministre italien de la Santé Girolamo Sirchia a indiqué que les travaux se concentreront sur la prévention des maladies, la révision de la législation pharmaceutique, les normes de qualité et de sécurité des cellules et tissus humains et la mobilité des patients.
I. Prévention: la Présidence insistera sur la promotion de styles de vie sains. "Ceci nécessite un contrôle attentif de chacun de nous sur lui-même pour éviter les risques de maladie", a commenté M.Sirchia. A cette fin, la Présidence accordera la priorité à la lutte contre le tabagisme, l'alcoolisme (qui entraîne un style de vie extrêmement préjudiciable, a constaté le ministre) et les excès alimentaires. Autre priorité: le dépistage du cancer, "pour lequel il faut lancer avec la Commission un plan européen comportant un screening et des mesures préventives valables", a précisé M.Sirchia. Pour ce qui est du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), le ministre a souligné la nécessité d'avoir en Europe un "centre européen de contrôle des maladies transmissibles qui permette une meilleure défense et une meilleure prévention de ces maladies infectieuses".
En ce qui concerne le tabagisme, le ministre a indiqué trois domaines d'action: (1) protéger les non-fumeurs; (2) protéger les mineurs d'âge pour éviter qu'ils ne commencent à fumer ("ceci implique un changement du modèle social, lequel pousse encore aujourd'hui les jeunes à fumer", a affirmé M.Sirchia); (3) ouvrir des actions en dommages et intérêts contre ceux qui sont cause de maladies sur le lieu du travail ou ailleurs dans la vie sociale.
A propos des excès alimentaires et de ses conséquences, à savoir l'obésité et le surpoids, le sujet est "d'une brûlante actualité car il s'agit d'une véritable épidémie en Europe", a commenté M.Sirchia en rappelant que "le sujet est difficile à aborder car il implique entre autres une révision des modes d'organisation de la société". Et de citer en exemple les enfants grignotant devant la télévision en fin de journée en attendant le retour des parents. L'enfant est confronté à un problème de solitude à la maison et pour assouvir son besoin d'affection il se jette sur des aliments qu'il aime, a expliqué le ministre en soulignant le rôle de l'industrie dans la production de ces aliments (ceux en faible teneur en graisses étant moins dangereux). La Présidence souhaite définir une ligne commune sur ce qu'il faut faire en Europe pour enrayer l'obésité. Il faut changer les modes de vie (ascenseurs, voitures, etc.), a insisté le ministre. L'algorithme, dont disposent les cardiologues pour déterminer les risques de maladies cardio-vasculaires, pourrait être montré aux individus pour les convaincre de changer le style de vie, a suggéré M.Sirchia.
II. Médicaments: "D'eux dépendent le sort de nos populations face aux menaces que sont les maladies infectieuses et virales. Or en Europe, les investissements dans la recherche médicale sont en chute et bien inférieurs à ce qui se fait aux Etats-Unis", a constaté avec regret le ministre. "Il faut de meilleurs médicaments, donc plus de molécules vraiment novatrices. Ceci nécessite d'investir dans la recherche en impliquant les secteurs privé et public », a souligné M.Sirchia en rappelant la tenue d'une conférence du Groupe "G 10 Médicaments" les 10 et 11 juillet à Rome.
"Il faut arriver à un engagement politique très clair pour promouvoir la santé publique en Europe", a déclaré le Commissaire David Byrne, en insistant sur la lutte contre le tabagisme "dont une étape importante sera le 16 juin la signature de la Convention-cadre de l'OMS sur le contrôle du tabac" (voir EUROPE du 7 juin p.17). Se félicitant du programme de la Présidence italienne, M.Byrne a demandé l'inscription d'un nouvel article dans la Constitution. "Il faut une base juridique pour pouvoir adopter des mesures et contrecarrer certaines sources de risques pour la santé humaine", a précisé le Commissaire. Pour faire avancer la lutte contre l'obésité, il faut un plan global: l'information sur les régimes et l'éducation à l'alimentation (alimentation pauvre en sel, graisses et sucres) sont nécessaires, a estimé le Commissaire en affirmant que « les informations sur l'étiquette d'un produit doivent être pertinentes et lisibles pour le consommateur » et qu'il faut donc améliorer le système d'étiquetage actuel des denrées alimentaires.