Bruxelles, 05/06/2003 (Agence Europe) - Plus de 150 représentants de quarante pays et dix ministres ont participé à la conférence ministérielle internationale pour la promotion des énergies renouvelables qui s'est tenue mardi à Bruxelles dans le cadre de la « Semaine verte » organisée par la Commission européenne (voir EUROPE du 31 mai, p. 10). Cette rencontre était la première à réunir, au niveau ministériel, les membres de “la coalition globale de Johannesburg pour les énergies renouvelables” (JREC), née au sommet mondial du développement durable en septembre dernier d'une initiative de l'Union européenne. Cette initiative vise à élargir au plus grand nombre le cercle des pays désireux, comme l'UE, de se fixer des objectifs chiffrés et un calendrier pour augmenter la part des énergies renouvelables dans la consommation globale d'énergie.
Au cours d'une conférence de presse donnée à mi-parcours de la conférence, Margot Wallström, Commissaire à l'Environnement, satisfaite de la participation d'un très large éventail de représentants des secteurs économique, énergétique et environnemental, était confiante dans les progrès de la coalition qui compte maintenant 80 pays (le Botswana, la Colombie, l'Afrique du Sud et la Gambie s'y sont ralliés). “Nous avons établi une plate-forme dans laquelle sont représentées les différentes parties du monde, et nous avons commencé à identifier les obstacles s'opposant encore à notre ambition qui est un jalon important vers la réalisation du développement durable”. Au nombre de ces obstacles, la Commissaire a cité les subventions aux énergies fossiles qui ont été amplement dénoncées par les participants, et le mode de calcul du coût de l'énergie renouvelable comparée aux énergies sales.
« Nous n'allons pas forcer tous les participants à se mettre d'accord sur les mêmes objectifs et le même calendrier. Notre intention à ce stade est de lister les problèmes entravant le développement des énergies renouvelables, les opportunités offertes par les énergies propres, d'étendre nos connaissances par l'échange d'informations sur les meilleures pratiques, et de réfléchir aux moyens les plus adéquats d'informer le public sur le rôle qu'il peut jouer en modifiant ses comportements d'achat ».
Jürgen Trittin, ministre vert de l'Environnement de l'Allemagne - pays qui accueillera la prochaine conférence internationale sur les énergies renouvelables annoncée par le chancelier Schröder (Bonn, juin 2004), a précisé que le processus enclenché par la coalition doit fonctionner du bas vers le haut, c'est-à-dire commencer par la fixation d'objectifs d'augmentation de la part des énergies renouvelables au niveau national, puis régional, puis global. “L'Union s'est fixé comme objectif de doubler la part d'énergies renouvelables dans sa consommation totale d'énergie d'ici à 2010. Son ambition, est d'inciter le plus grand nombre de pays à faire de même pour parvenir, à terme, à un objectif planétaire. Il faut pour cela modifier la structure énergétique en minimisant les coûts sociaux”. L'objectif de la conférence de Bonn sera d'élargir encore la coalition et, comme l'espère Jürgen Trittin, de déboucher sur un plan d'action. “Cela suppose des conditions économiques équitables, une réglementation sur les subventions, des stratégies de financement, des idées sur la manière d'inclure le secteur privé, et des projets concrets pour les mécanismes de développement propre et de mise en oeuvre conjointe contenus dans le Protocole de Kyoto sur les changements climatiques”, a-t-il précisé. L'enjeu est de taille car, selon M. Trittin, “l'augmentation de la part d'énergies renouvelables n'est pas seulement une question d'environnement et de lutte contre les changements climatiques, mais une question cruciale pour la croissance économique dans les pays riches et pour l'éradication de la pauvreté dans les pays en développement qui consacrent 80% de leur budget à l'achat d'énergie”. En d'autre termes, l'objectif poursuivi par la coalition pour les énergies renouvelables servira, s'il est atteint, l'objectif du millénaire qui est de réduire de moitié à l'horizon 2015, le nombre de personnes pauvres dans le monde.
Au cours de cette conférence, le WWF (World Wide Fund for Nature) a lancé un appel à l'UE pour qu'elle donne l'exemple en se fixant des objectifs clairs et un calendrier pour porter la part des énergies renouvelables à 25% dans la consommation globale de l'Union à l'horizon 2020.