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Bulletin Quotidien Europe N° 8477
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

La BCE a décidé de réduire ses taux à un niveau historiquement bas

Bruxelles,05/06/2003 (Agence Europe) - Dans un contexte d'inflation en baisse et de croissance économique anémique au sein de la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi, lors de la réunion de son Conseil des gouverneurs, de baisser ses taux de 50 points de base. Ainsi, le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement est ramené de 2,50% à 2,00% (à partir de l'opération devant être réglée le 9 juin), un niveau jamais atteint dans un des pays de la zone euro depuis l'après Seconde guerre mondiale. A compter de ce vendredi, le taux de la facilité de prêt marginal est réduit de 3,50% à 3,0% et celui de la facilité de dépôt de 1,50% à 1,00%.

« Nous avons conclu que les perspectives pour la stabilité des prix à moyen terme se sont améliorées de manière significative depuis notre dernière décision de baisse des taux en mars », a déclaré le président de la BCE, Wim Duisenberg, pour expliquer les motifs de la décision du jour qui, selon lui, « est conforme à notre stratégie de politique monétaire qui vise à maintenir le taux d'inflation autour de 2% à moyen terme ». Il a reconnu que cette baisse des taux d'intérêt tient compte des risques qui pèsent sur la croissance économique. Les dernières statistiques montrent que la croissance économique au cours des six premiers mois de cette année devrait être « très faible » et que les prévisions pour 2003 et 2004 devront être revues à la baisse, a précisé M. Duisenberg, qui a annoncé que la BCE publiera la semaine prochaine ses nouvelles estimations pour 2003 et 2004. La BCE s'attend à une augmentation progressive de la croissance du PIB dans le courant de l'année 2003 qui devrait prendre davantage d'ampleur en 2004, a répété M. Duisenberg. Les principaux facteurs qui soutiennent cette analyse sont à la fois externes et internes. S'agissant des facteurs externes, « la reprise attendue de la demande dans la zone euro devrait compenser l'effet négatif de l'appréciation de l'euro », a-t-il expliqué. Dans ce contexte, M. Duisenberg a dit que « l'appréciation significative et rapide de l'euro au cours des derniers mois a pesé sur la compétitivité des prix à l'extérieur ». « Cependant, le niveau actuel du taux de change réel de l'euro et donc la position concurrentielle des exportateurs de la zone euro sont proches de leurs moyennes à long terme », a-t-il affirmé, avant de conclure que « les niveaux actuels des taux de change de l'euro sont conformes aux fondamentaux économiques et à notre intérêt à avoir un euro fort et stable ». Le président de la BCE a tenu à préciser qu'il n'y a pas lieu à ce stade de s'inquiéter d'un risque de déflation.

En répondant à des questions de journalistes, M. Duisenberg a indiqué qu'il « n'y a pas eu beaucoup de discussions sur l'ampleur de la baisse de taux (…), il y a eu un consensus rapide et large sur le principe de cette baisse et aussi sur son ampleur ». Sur la question de savoir si la BCE avait encore une marge de manœuvre pour baisser les taux, M. Duisenberg a répondu: « si les Etats-Unis ont une marge de manœuvre avec des taux encore plus bas que les nôtres, vous pouvez imaginer que nous n'avons pas épuisé notre marge de manœuvre ».

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