Bruxelles, 11/04/2003 (Agence Europe) - L'Office européen antifraude (OLAF) a dit vendredi avoir bouclé une enquête lancée en janvier 2002 concernant l'utilisation irrégulière de fonds communautaires agricoles destinés à créer des parcs naturels en Grèce (« Ecoparcs »). L'enquête a permis de déceler une fraude d'au moins 3,4 millions d'euros. L'Olaf a transmis son rapport aux autorités judiciaires grecques et aux services compétents de la Commission (DG Agriculture), qui devront activer la procédure d'apurement des comptes pour récupérer les montants en cause et tirer les conclusions qui s'imposent en ce qui concerne l'avenir du programme.
Après avoir contrôlé cinq entreprises en Grèce et une entreprise enregistrée au Royaume-Uni, l'Olaf a constaté les faits suivants:
5 des 18 entreprises participant au programme qui ont reçu la visite de l'Olaf ont reçu un total de 6,1 millions d'euros sous forme d'aide (nationale ou européenne), dont au moins 3,4 millions d'euros ont été soit utilisés de façon irrégulière, soit indûment perçus;
les conditions d'application du programme n'ont pas été respectées: une portion du terrain pour lequel l'aide avait été accordée n'aurait pas dû être éligible au financement (certaines demandes concernaient des forêts au lieu de terres agricoles, le bétail continuait à paître sur ces terres, et les terres en question étaient situées dans des régions lointaines rendant très difficiles les visites de touristes) ;
les travaux à réaliser sur les terrains, afin d'assurer le respect des conditions d'octroi de l'aide, n'ont pas été entrepris ou n'ont pas été achevés, même si les actionnaires ou les gestionnaires des entreprises bénéficiaires de l'aide ont reçu des dividendes;
les systèmes de contrôle en place étaient insuffisants et ne permettaient pas de garantir la bonne mise en œuvre du programme.
Le programme en question, cofinancé à 75% par le budget communautaire, prévoit la possibilité d'utiliser à des fins touristiques les 25.000 hectares protégés. À ce jour, les dépenses au titre du programme se sont élevées à 20 millions d'euros au cours des cinq premières années.