Bruxelles, 21/03/2003 (Agence Europe) - Lors de son intervention devant le Conseil européen, jeudi soir, le président du Parlement européen, Pat Cox a souligné qu'une large majorité du PE aurait préféré la poursuite des inspections de l'ONU en Irak et la recherche d'une solution multilatérale dans le cadre des Nations unies (voir EUROPE d'hier, pages 4 à 6, sur la session extraordinaire du Parlement consacrée à l'Irak). Mais le Parlement n'en était pas moins divisé, comme l'est le Conseil européen, a-t-il reconnu avant de constater que ces dernières semaines ont affaibli les Nations unies, l'Union européenne et les relations transatlantiques. M.Cox a rappelé les termes de l'article 11 paragraphe 2 du Traité selon lequel les Etats membres doivent s'abstenir de toute action contraire aux intérêts de l'Union européenne susceptible de nuire à son efficacité en tant que force de cohésion dans les relations internationales. Et il a regretté qu'en dépit des efforts exceptionnels de la Présidence grecque, le devoir de solidarité n'a pas été respecté, en commentant: "Il n'y a pas de quoi s'étonner si d'autres décident de nous ignorer si nous avons choisi de nous ignorer entre nous". Et, en notant que dans son discours de véritable "homme d'Etat, mardi dernier, Tony Blair a souligné que quel que soit le résultat, le débat sur l'Irak sera déterminant pour la forme que prendra le monde à l'avenir", M. Cox a estimé que dans les semaines et les mois à venir, "la vraie question, pour les dirigeants européens assis autour de cette table", sera de trouver, à partir de cette "tension qui, si elle est correctement jugulée, peut devenir créative, un nouvel ordre européen, dans lequel nous définissons notre intérêt, et sur cette base, nous établissons une nouvelle politique étrangère et de la sécurité européenne": "Ce n'est pas le moment de regarder en arrière en récriminant, mais plutôt de regarder en avant avec espoir. L'Europe et ses peuples ont besoin d'une perspective pour l'avenir, et le Conseil européen est l'organe qui doit indiquer la direction", affirme le président du Parlement.
Pat Cox a ensuite exposé aux Quinze sa vision de l'agenda européen qui doit nécessairement comporter: (1) l'élargissement; (2) le soutien à la démocratisation dans l'Europe du sud-est ; (3) "notre intérêt collectif pour un multilatéralisme efficace au travers des Nations unies". Nous avons besoin d'aspirer à quelque chose de plus que le cliché "les Etats-Unis font la guerre, les Nations unies nourrissent, l'UE finance", a dit M. Cox en évoquant un renforcement de l'aide humanitaire et une aide à la reconstruction économique et politique qui doit être conduite par les Nations unies ; (4) la qualité de la relation transatlantique (M. Cox a cité là les propos du Commissaire Patten, jeudi matin en plénière: voir EUROPE d'hier, p.4) ; (5) la publication immédiate de la feuille de route du Quartette pour la paix au Proche-Orient.
Le président Cox a aussi insisté sur les efforts qui restent à accomplir pour atteindre les objectifs du processus de Lisbonne, en insistant sur la croissance, des finances publiques saines, l'investissement dans les ressources humaines et dans la recherche.
Lors de sa conférence de presse, Pat Cox a réaffirmé qu'il faut aujourd'hui tirer les leçons des divergences qui ont divisé les Quinze au cours des derniers mois et du "trop faible respect mutuel". "Il faut avoir la sagesse de ne plus jamais répéter ça", a-t-il dit en appelant à la définition d'une nouvelle PESC.
M. Cox a aussi confirmé qu'il a décidé, avec son homologue marocain, de reporter la réunion du Forum parlementaire euroméditerranéen qui devait se tenir en Grèce la semaine prochaine (voir EUROPE d'hier, p.6). Il a cependant précisé que ce report ne remet pas en cause l'objectif de créer une Assemblée euroméditerranéenne et que le forum pourrait encore se réunir avant la fin de la Présidence grecque.