Bruxelles, 21/03/2003 (Agence Europe) - Le Conseil européen de Bruxelles n'est pas arrivé à un accord sur le "paquet fiscal", ou plus exactement sur une solution qui aurait permis de lever les réserves italiennes. Avant de donner son accord au paquet fiscal, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a longuement insisté pour obtenir un étalement sur trente ans de la dette de 648 millions d'euros que doivent payer les producteurs laitiers italiens pour des dépassements de quotas entre 1995 et 2001. De guerre lasse, quatorze Etats membres auraient été prêts à renvoyer le dossier au Conseil Agriculture en lui demandant d'examiner cette demande avec bienveillance. Les Pays-Bas s'y sont opposés. Le président du Conseil, George Papandreou, a alors abandonné la bataille. Le dossier fiscal sera donc renvoyé au Conseil Ecofin.
Jeudi soir, à l'issue du Conseil Ecofin qui préparait les travaux du Sommet, le Commissaire à la fiscalité, Frits Bolkestein, avait regretté l'absence d'accord après que le Conseil "ait beaucoup progressé" durant les dernières semaines pour définir un compromis, bloqué par la demande italienne. Gerhard Schröder avait déjà regretté jeudi soir que l'Italie ait choisi de lier deux dossiers qui n'ont rien à voir entre eux.
Le ministre néerlandais des Finances, Hans Hoogervorst, a commenté la position des Pays-Bas devant la presse en expliquant qu'il n'était pas question de créer pour l'Italie un précédent inexplicable pour les agriculteurs néerlandais. Silvio Berlusconi a reconnu de son côté que l'Italie a "joué le rôle antipathique", mais que "nous avons pensé qu'il n'est pas supportable que nous soyons obligés d'importer 44% du lait dont nous avons besoin". Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker s'est amusé en notant que, alors "qu'il fut un temps où le Luxembourg était toujours accusé de vouloir bloquer les progrès en la matière", il avait dû se faire "l'avocat de l'harmonisation de la fiscalité de l'épargne", au cours d'une "bataille musclée, mâle et virile contre les réticences qui se sont fait jour aujourd'hui"