Bruxelles, 21/03/2003 (Agence Europe) - Lors de son sommet pré-Conseil européen qui s'est tenu jeudi à Meise, près de Bruxelles, le Parti Populaire Européen présidé par Wilfried Martens a adopté une position commune sur la situation en Irak dans laquelle il espère que l'intervention militaire fera aussi peu que possible de victimes et qu'elle "désarmera le dictateur Saddam Hussein et libérera le peuple irakien". Le PPE souligne que l'UE a "une obligation morale de prouver sa solidarité aux victimes de cette crise et de leur apporter une aide humanitaire et financière" et que, après la guerre, elle devrait apporter au peuple irakien son expérience en matière de "établissement d'une société démocratique". Il est essentiel, affirme aussi le PPE, que "l'on installe un leadership de l'après-guerre qui ait la confiance du peuple et qui puisse mener la transformation de l'Etat et de la société qui sont nécessaires pour stabiliser l'Irak aussi rapidement que possible". Par ailleurs, il reconnaît le "rôle central du Conseil de sécurité de l'ONU dans la définition de la politique internationale de paix et de sécurité", soutient le "renforcement de la relation transatlantique dans le respect mutuel", "une relation renforcée avec les pays arabes" et la relance du processus de paix en Israël. Enfin, la position commune plaide pour le développement d'une "Politique étrangère et de sécurité commune efficace dans l'Union européenne élargie", et souhaite "un résultat positif de la Convention européenne". La discussion sur ce texte a suscité apparemment des propos assez vifs, notamment de la part du Premier ministre espagnol José Maria Aznar.
Parmi les chefs de gouvernement qui ont participé au sommet, l'Italien Silvio Berlusconi a estimé en particulier (allusion à la France et à l'Allemagne) qu'avec "une politique plus réaliste, on aurait pu éviter cette division (entre les Quinze), étant donné la détermination des Etats-Unis contre laquelle il était impossible d'opposer une volonté différente". Pour l'avenir, il a insisté sur une Europe qui "soit réellement un sujet politique unique, avec une seule politique étrangère" et qui puisse, "dans une relation de loyauté et amitié avec les Etats-Unis, partager la responsabilité de l'ordre mondial".
Quant au Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, il a, selon Reuters, estimé que Wim Duisenberg devrait rester plus longtemps (que le 6 juillet, date prévue pour son départ) président de la Banque centrale européenne, à cause des incertitudes qui pèsent sur son successeur.