Bruxelles, 04/03/2003 (Agence Europe) - "D'après la formule "opération réussie, patient mort", le Conseil a réussi à ficeler un véritable emballage trompeur sur le brevet européen", ironise l'élu européen de la CDU Klaus-Heiner Lehne à propos du compromis politique atteint lundi au Conseil (voir EUROPE d'hier, p.8).Le Parlement européen avait demandé que l'on laisse les tribunaux nationaux trancher les litiges sur le brevet européen, rappelle le député, qui déplore que le compromis du Conseil prévoie à partir de 2010 la création d'un nouveau tribunal spécial, "superflu et qui coûtera au contribuable beaucoup de millions en plus". M. Lehne critique aussi les coûts qu'entraînera le régime linguistique prévu. La Commission européenne parlait de trois langues (français, anglais, allemand), le Parlement en a ajouté deux (italien et espagnol), mais à la fin du Conseil "nous nous retrouvons avec onze langues officielles, avec une tendance croissante après l'élargissement à l'Est", proteste-t-il. Selon M. Lehne, il est déjà clair que l'ancien brevet européen serait moins coûteux que le nouveau. "A quoi bon cet exercice?", se demande-t-il donc.