Bruxelles, 08/01/2003 (Agence Europe) - Dans une contribution aux travaux de la Convention européenne au sein de laquelle il représente le parlement irlandais, John Bruton plaide pour l'élection du président de la Commission européenne au suffrage universel direct. Un choix logique, selon l'ancien Premier ministre irlandais, qui affirme qu'une telle élection est nécessaire pour garantir la participation démocratique des citoyens au moment où l'on entend faire passer la construction européenne du stade d'une Union économique et monétaire à celui d'une Union politique intervenant dans les domaines de la justice et de la sécurité, qui affectent les libertés individuelles et sur la scène internationale, avec en toile de fond la délicate question de l'organisation de "notre défense et de nos besoins en matière de sécurité dans le monde tel qu'il se présente après le 11 septembre". "Les citoyens d'Europe doivent sentir qu'ils peuvent, au travers de leur vote, changer la direction et le personnel responsable de la politique européenne", affirme M. Bruton qui ajoute: "Le nouveau traité constitutionnel doit créer une telle possibilité. S'il ne le fait pas, les politiques de l'UE manqueront d'un mandat démocratique suffisamment visible et l'Union s'effondrera". Le véritable génie du système américain réside dans l'élection du président, constate M. Bruton en expliquant qu'un tel système permet tous les quatre ans à tous les Américains de se poser la même question au même moment: qui a les meilleures qualités pour être le président des Etats-Unis. A l'appui de sa thèse, M. Bruton cite Madison ou encore Montesquieu, mais il souligne aussi le soutien populaire croissant dont bénéficie une telle élection selon les derniers sondages Eurobaromètres réalisés pour la Commission européenne. Parmi d'autres arguments, il estime que cette élection renforcerait la séparation des pouvoirs entre les institutions tout en leur assurant le même degré de légitimité démocratique. Sans préciser toutes les modalités de cette élection, M. Bruton estime que les critères d'éligibilité devraient être limités afin de garantir un accès large à la candidature. Pour valider celle-ci, un candidat reconnu éligible devrait recueillir un certain nombre de signatures (M. Bruton suggère qu'il pourrait s'agir de 20% des membres dans cinq parlements nationaux et le PE). L'élection aurait lieu en même temps que celle du PE. M. Bruton propose un scrutin majoritaire à deux tours, le deuxième coïncidant avec le scrutin parlementaire. A la suite de cette élection et de la désignation des autres membres de la Commission, le PE procéderait à l'investiture du collège des Commissaires.