Bruxelles, 28/08/2002 (Agence Europe) - De nombreuses contributions aux travaux de la Convention sur l'avenir de l'Europe sont issues des différents secteurs socio-économiques, qui souhaitent avant tout à ce que soit mise en place une Europe sociale et démocratique, attentive aux attentes des citoyens.
Syndicats indépendants: pour un débat sur l'identité européenne
Dans sa contribution, la Confédération européenne des Syndicats indépendants (CESI) juge indispensable un débat de fond sur l'identité européenne. Elle prône également: - une simplification des Traités et l'inclusion de la Charte des droits fondamentaux dans lesdits Traités ou ultérieurement dans une future Constitution européenne; - le respect des principes démocratiques et la protection des minorités. Le respect du pluralisme syndical est crucial, ajoute la CESI, afin par exemple de légitimer le dialogue social européen. La CESI considère aussi que l'élaboration d'un catalogue fixe de compétences ne peut être au centre des discussions la Convention mais qu'il y a lieu en revanche de veiller à garantir l'application conséquente du principe de subsidiarité. Enfin, les syndicats indépendants estiment que les organes de l'UE, leurs processus de décision et leurs responsabilités doivent être compréhensibles pour les citoyens de l'UE.
Syndicats européens/Jeunes: pour une Europe sociale et démocratique
Le groupe "Jeunes" de la Confédération européenne des Syndicats (CES) appelle la Convention à tenir compte des revendications suivantes: (1) le respect des droits fondamentaux, avec une Charte des droits fondamentaux légalement contraignante; (2) l'Europe sociale avant tout, qui comporte un pouvoir syndical réel, un dialogue social européen renforcé et de véritables politiques de gouvernement économique européen; (3) le droit à une qualité de vie décente pour tous, par le biais de l'apprentissage tout au long de la vie, des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, l'éradication de la pauvreté et de l'exclusion sociale mais aussi du racisme et de la xénophobie, la promotion de l'égalité entre hommes et femmes, un accès égal aux services d'intérêt général; (4) une véritable participation démocratique, notamment en permettant aux jeunes d'exprimer leurs opinions et d'être associés à toutes les décisions qui les concernent et en garantissant une représentation équilibrée des hommes et des femmes en politique; (5) les réformes institutionnelles de l'UE et l'urgence d'une simplification et d'un renforcement des Traités.
Signalons par ailleurs que la contribution de la CES elle-même est actuellement en voie d'élaboration et qu'elle sera entérinée par son comité exécutif, le 8 octobre prochain à Bruxelles.
Services d'intérêt général: élément de garantie d'une démocratie active
Le Comité européen de liaison sur les Services d'intérêt général (CELSIG) souligne, dans sa contribution, qu'il faut des règles communes claires au niveau constitutionnel européen afin que chaque niveau institutionnel et territorial puisse pleinement remplir ses missions et ses responsabilités. Ceci est indispensable pour assurer aux diversités qui existent au sein de l'UE de pouvoir s'exprimer aussi bien au plan des objectifs à définir que des moyens pour les atteindre. De son côté, l'association ISUPE (Initiative pour des services d'utilité publique) propose de constitutionnaliser la place des services d'intérêt économique général au sein de l'UE, qui à long terme confortera la citoyenneté européenne en consolidant l'adhésion des citoyens à la construction CE et en rendant concrète cette réalisation à l'instar de l'euro.
Plate-forme sociale: la Convention doit être attentive aux attentes des citoyens
Dans sa contribution, la Plate-forme sociale exhorte principalement la Convention à: - inclure dans le Traité son engagement envers le développement durable et l'intégration de politiques économiques, sociales et environnementales; - faire de l'éradication et de la prévention contre la pauvreté et l'exclusion sociale une priorité et, donc, inclure dans le Traité la méthode ouverte de coordination appliquée dans ces secteurs; - faire en sorte que le Traité permette la coopération entre les différents Etats membres dans le domaine de la vie familiale et reconnaisse le rôle joué par les services d'intérêt général en faveur de la cohésion sociale.
ATD Quart Monde: la priorité de l'UE doit être l'éradication de la pauvreté
Le Mouvement international ATD Quart Monde a présenté sa première contribution qui reflète l'expérience des personnes et familles en situation de grande pauvreté et dans laquelle il demande de: - faire figurer la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, en Europe et dans le monde, parmi les grands objectifs de l'UE; - ancrer, au plus haut niveau des politiques de l'UE, l'équilibre entre politiques économique, sociale et environnementale que représente le développement durable; - mettre les droits fondamentaux au coeur de l'UE et intégrer dans les Traités une Charte améliorée; - donner une place reconnue aux ONG européennes.
Professions libérales: pour l'institutionnalisation du dialogue civil
Le Conseil européen des professions libérales (CEPLIS) lance quant à lui un appel en faveur d'une institutionnalisation du dialogue avec la société civile organisée (dialogue civil) par le biais d'une révision du Traité. Il se dit convaincu qu'un tel dialogue gagnera en efficacité par l'application de critères garantissant une représentativité suffisante des participants ainsi que par l'établissement d'un cadre législatif assurant la prise en compte de ces résultats. Un tel dialogue civil s'impose comme le complément nécessaire au dialogue social inscrit dans le Traité d'Amsterdam. Dans la foulée, l'association des professions libérales allemandes BFB (Bundesverband der Freien Berufe) appelle principalement à une plus grande transparence des institutions européennes et à une réforme des Traités.