Bruxelles, 22/08/2002 (Agence Europe) - Les Etats-Unis poursuivent leurs contacts en vue de passer des accords bilatéraux avec un maximum de pays engageant ceux-ci à ne pas extrader des militaires américains présents sur leur territoire à la demande de la Cour pénale internationale (CPI). La Présidence danoise à confirmé que tous les Etats membres de l'UE ont été contactés par les Etats-Unis mais n'a pas été en mesure de le faire pour les pays candidats à l'adhésion, à l'exception des pays baltes (Estonie, Lituanie et Lettonie) où s'est rendu lundi le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen. Cependant, Chypre, Malte, la Slovaquie et la Croatie ont confirmé à EUROPE avoir été contactés, ce qui laisse envisager qu'il en fut de même pour tous les autres pays candidats, un porte-parole du Département d'Etat ayant déclaré la semaine passée que les Etats-Unis cherchent "à conclure ces accords avec beaucoup de pays" via des contacts au niveau des ambassades. La Commission européenne est en train d'analyser les aspects et implications juridiques de ces accords afin de déterminer officiellement la position de l'UE lors d'une réunion entre les experts juridiques de la Commission et les représentants des Etats membres qui se tiendra à Bruxelles le 4 septembre.
Israël (qui n'est pas partie à la CPI) et la Roumanie ont déjà signé un tel accord (voir Europe du 10 août, p.2). Plusieurs porte-parole ont indiqué que l'UE espère que les autres pays candidats ne suivront pas l'exemple de la Roumanie. "Même si ces pays ont légalement le droit de passer de tels accords, avec les Etats-Unis, cela pose un problème du point de vue de la solidarité communautaire" a ainsi précisé un porte-parole du Conseil. Bien que l'UE n'a pas demandé officiellement aux pays candidats d'être consultée, "nous aimerions que les pays candidats nous consultent avant de prendre une décision pour connaître les implications juridiques de ces accords du point de vue de leur participation à l'UE" a-t-il ajouté. La Lituanie, la Croatie, Malte et Chypre ont déclaré à EUROPE qu'ils attendront la position officielle de l'UE avant de répondre aux demandes américaines. Enfin, concernant la Roumanie, un porte-parole du Conseil a souligné qu'"il y a une incohérence entre la position commune adoptée par l'UE sur la CPI, à laquelle se sont associés les pays d'Europe centrale et orientale dont la Roumanie et qui impliquent leur adhésion aux objectifs et au statut de la CPI, et le fait de signer un accord bilatéral avec les Etats-Unis qui va à l'encontre d'un de ces objectifs".