Bruxelles, 21/08/2002 (Agence Europe) - En se rendant au Sommet de Johannesburg la semaine prochaine, la Confédération européenne des syndicats (CES) a pour objectifs de montrer comment elle fait face, grâce à son expérience du modèle social européen, aux problèmes qui se posent, mais aussi d'expliquer comment les syndicats peuvent être des acteurs dans le domaine du développement durable, a indiqué Marc Sapir, directeur du Bureau technique syndical (BTS), qui participera aux travaux de Johannesburg pour la CES comme membre observateur dans la délégation de la Commission. A cette fin, la CES a préparé un document intitulé "Syndicats européens - Acteurs pour le développement durable" dans lequel elle sélectionne un certain nombre de thèmes prioritaires: énergie propre et climat, alimentation et agriculture, produits chimiques.
Dans sa préface, la CES "demande aux gouvernements d'adopter un plan global pour le développement durable qui assure l'éradication de la pauvreté, la protection de l'environnement et le respect des droits humains et sociaux". Ce plan doit permettre d'agir d'urgence sur la dimension sociale du développement durable en reconnaissant comme facteurs fondamentaux de la lutte contre la pauvreté: les droits sociaux fondamentaux, l'emploi et la formation, l'accès aux biens collectifs (eau, énergie, éducation, santé et infrastructures de communication au travers de services publics), estiment les syndicats qui attendent de l'Union européenne "qu'elle joue un rôle d'avant-garde pour assurer la mise en oeuvre de ces principes et de ces objectifs". S'agissant des thèmes cités dans le document de la CES, Marc Sapir précise que: (1) l'énergie propre et les changements climatiques "font l'objet d'un très grand débat au niveau syndical international, notamment aux Etats-Unis. A l'intérieur du mouvement syndical, des discussions se tiennent sur le protocole de Kyoto, pour lequel nous sommes en faveur, mais pas les syndicats américains!. La difficulté consiste à voir comment le mettre en oeuvre"; (2) "pour la première fois, les questions alimentaires et agricoles sont abordées par la CES, qui a été interpellée à ce propos par les syndicats du tiers monde. Nous devons leur montrer que nous avons une vision sur les orientations agricoles de demain, que nous sommes en faveur d'une réorientation de la politique agricole commune, et que l'une des réponses à ces questions c'est de développer des politiques européennes ou de les transformer. Cette première constitue un signal important à l'intérieur de l'UE mais aussi auprès des collègues du G7. L'agriculture et l'alimentation représentent des enjeux d'emplois énormes au niveau mondial"; (3) en ce qui concerne les risques chimiques, "sujet plus traditionnel, la position des syndicats est qu'il faire une place à une politique européenne face à un problème mondial (également sur la table de travail de l'OMC). La question essentielle qui se posera à l'avenir sera de savoir comment éliminer ou réduire l'exposition des travailleurs à ces risques chimiques (amiante par exemple) sur leur lieu de travail".
A propos du rôle des syndicats dans le domaine du développement durable, Marc Sapir a souligné l'importance d'avoir, au niveau de la société, des instruments de dialogue avec les entreprises. "La CES essaye de montrer comment une série de questions doivent être présentées à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise. Une action sectorielle s'impose tout comme le développement en Europe du dialogue social sectoriel". M.Sapir a ajouté que la CES allait insister à Johannesburg auprès de la Commission "pour qu'elle n'oublie pas les questions sociales au travers du thème de la bonne gouvernance, ni la politique de l'emploi. Il faut articuler le fait d'avoir un emploi avec un emploi décent". Et de conclure: "Nous pensons qu'on peut dépasser le clivage environnement - emploi et que la coordination des politiques économiques, sociales et environnementales est essentielle dans la mise en place d'un développement durable".