Bruxelles, 21/08/2002 (Agence Europe) - A la suite de la dégradation de l'économie italienne (déficit de 5 milliards d'euros dans les caisses du fisc, une croissance qui pourrait ne pas atteindre 1% cette année), les ministres Antonio Martino (Défense), Umberto Bossi (Réformes), Giulio Tremonti (Economie/Finances) et Rocco Butiglione (Politiques communautaires) ont formellement demandé de "aménager le Pacte de stabilité pour l'améliorer en allongeant ses délais d'application, mais certainement pas de l'abolir", alors que Tomaso Padoa-Schioppa, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) qui estime que "le Pacte contient suffisamment d'éléments de flexibilité, prenant en compte des considérations conjoncturelles sans qu'il soit besoin de le modifier". C'est ce que rapporte "Le Figaro Economie", qui précise que pour Antonio Martino, "il faut rendre le Pacte plus flexible, mais seulement si la France et l'Allemagne le demandent (....). Le pacte est répressif. Il est responsable de la croissance lente enregistrée en Europe. Les pays ne contrôlent pas la dépense et la financent en augmentant les impôts". Umberto Bossi estime que "il faut revoir le Pacte de stabilité, désormais dépassé. Viser à une économie de développement, une politique de grands travaux". Quant à Giulio Tremonti, il a dit que "l'Europe doit changer pour éviter le déclin. La création de la monnaie unique a comporté le recours à la technocratie. Il faut en revenir à la politique". Rappelons que fin juin, M. Tremonti avait déjà souligné la nécessité de discuter d'une nouvelle interprétation du Pacte, afin de "trouver un équilibre entre stabilité, croissance et flexibilité", ce à quoi la Commission avait répondu qu' "une telle modification n'était ni à l'ordre du jour de la Commission, ni du Conseil" (voir EUROPE du 26 juin 2002).