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Bulletin Quotidien Europe N° 8135
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/etats-unis

L'Union sort de son mutisme face aux conditions de détention des prisonniers de Guantanamo

Bruxelles, 23/01/2002 (Agence Europe) - Face à la controverse qui enfle suite à la diffusion par le Pentagone de photos de détenus talibans et d'Al-Queda détenus sur la base de Guantanamo menottés et bâillonnés, l'Europe semble quelque peu sortir de sa réserve. Jusqu'à présent, la Commission européenne s'en était tenue à déclarer qu'elle attendait les résultats de la visite sur place d'une délégation du Comité international de la Croix Rouge (CICR) pour réagir éventuellement. Mardi, le Haut Représentant pour la Pesc Javier Solana a indiqué que les prisonniers de Guantanamo doivent bénéficier des droits que confère la Convention de Genève. Quant au Commissaire européen aux Relations extérieures Chris Patten, il a déclaré sur les ondes de la BBC que l'Europe "souhaite la justice et non la vengeance". "Il faut faire preuve de correction vis-à-vis des vaincus, même s'ils sont dangereux (...) L'application de la Convention de Genève fera l'objet d'un examen (...) On ne peut faire appliquer la peine de mort par des tribunaux militaires, cela nous ferait perdre le crédit dont a bénéficié la coalition internationale", a-t-il poursuivi. Quant à l'actuel président du Conseil des ministres de l'UE, Josep Piqué, il a atténué mercredi les propos lénifiants qu'il avait tenus la veille concernant les conditions de détention à Guantanamo. Le ministre espagnol des Affaires étrangères avait affirmé ne pas juger nécessaire de faire une déclaration sur la question, n'ayant "aucun doute concernant la volonté de la grande démocratie nord-américaine de respecter les droits de l'homme". Interviewé sur la troisième chaîne de la télévision espagnole, il a corrigé ses propos en se déclarant à titre personnel quelque peu "surpris et mal à l'aise" devant les images des prisonniers entravés et masqués. "Si on me permettait d'exprimer une opinion personnelle, ce que je ne devrais pas faire, je dirais que ce sont quasiment des prisonniers de guerre et que je préférerais que la Convention (de Genève) leur soit appliquée", a-t-il ajouté.

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