Bruxelles, 03/09/2001 (Agence Europe) - L'adhésion de la Chine à l'OMC, les négociations d'accords sectoriels dans les secteurs maritime et douanier et la réforme du dialogue politique UE/Chine sur les droits de l'homme devraient être les principaux thèmes du IVème sommet UE/Chine qui se tiendra mercredi à Bruxelles. Le premier ministre chinois, Zhu Rongji, sera accompagné d'une importante délégation (135 personnes), comprenant 12 ministres. La délégation européenne menée par le premier ministre belge et président du Conseil européen Guy Verhofstadt sera formée par le président de la Commission, Romano Prodi, le Haut Représentant pour la PESC, Javier Solana, ainsi que par les Commissaires au commerce, Pascal Lamy et aux relations extérieures Chris Patten. "Depuis trois ans, un long travail préparatoire a permis de donner une nouvelle dynamique à plusieurs secteurs qui font l'objet d'une coopération approfondie. C'est sous cet angle que nous abordons, dans un contexte politique généralement positif, les aspects plus difficiles de notre relation", a commenté lundi un représentant de la Commission.
Sur le plan politique, les discussions devraient porter sur les nouveaux sujets que les Européens souhaiteraient développer dans le dialogue avec Pékin: le désarmement, la non-prolifération, les questions de sécurité régionale. La situation des droits de l'homme sera également abordée, souligne un diplomate européen, en rappelant que, dans ses conclusions du 22 janvier et du 19 mars 2001, le Conseil de l'UE a souligné la nécessité de donner une orientation plus concrète au dialogue bilatéral sur les droits de l'homme relancé en 1997. Ces conclusions constataient des progrès du point de vue des droits économiques et sociaux en Chine, mais l'UE demeurait préoccupée par le manque de libertés syndicales, ainsi que par l'absence d'évolution sur le terrain des droits civils et politiques et de la liberté d'expression, de religion et d'association. La Commission a rappelé, en vue du Sommet, qu'elle finance plusieurs programmes de coopération en Chine dans le domaine des droits de l'homme: pour soutenir la formation des juristes afin d'encourager l'établissement de l'Etat de droit (13,2 millions d'euros), pour former des leaders politiques régionaux (10,5 millions d'euros), pour soutenir la Fédération chinoise des personnes handicapées (1 million d'euros), ou pour former des étudiants en droit à l'Université de Hong-Kong (450.000 euros). La Commission devrait approuver en outre prochainement un projet de 1,4 million d'euros destiné à aider la Chine dans la ratification des conventions des Nations Unies sur les droits politiques, économiques et sociaux, signées par Pékin en 1997 et 1998.
Les questions commerciales devraient occuper une partie importante du Sommet, à quelques jours de la réunion technique qui, le 10 septembre à Genève, devrait boucler les derniers détails techniques des accords bilatéraux conclus par la Chine avec les membres de l'OMC en vue de son adhésion à l'Organisation mondiale du Commerce. Cette adhésion devrait en principe être entérinée lors de la réunion ministérielle de l'OMC à Doha en novembre. L'UE devrait réitérer sa proposition d'aide pour accompagner, sur le plan technique et financier, la mise en œuvre des engagements pris par la Chine à l'OMC. Le Commissaire Lamy rencontrera en marge du Sommet le ministre chinois du Commerce extérieur et de la coopération économique, Shi Guangsheng.
Dans le domaine de la coopération, le Sommet devrait confirmer la nouvelle dynamique proposée par la Commission dans sa Communication de mai 2001, qui préconisait de développer la coopération sectorielle en accompagnant l'intégration de la Chine dans la communauté internationale. En pratique, les négociations d'un accord bilatéral sur les transports maritimes devraient enfin commencer les 13 et 14 septembre prochains et les négociations d'un accord de coopération douanière (lutte contre la contrefaçon, documents de douane, etc.) devraient être lancées l'année prochaine.
L'objectif de l'accord sur les transports maritimes est d'obtenir un traitement national dans les ports chinois pour les compagnies européennes, la reconnaissance du droit d'établissement, la facilitation du transport porte à porte. La visite de la Commissaire aux Transports Mme de Palacio à Pékin en juin dernier semble avoir relancé les discussions bloquées depuis 1998.
Le Sommet permettra également de faire le point sur la coopération déjà en cours dans le cadre de l'accord sur les sciences et technologie en vigueur depuis fin 1999, ainsi que dans les secteurs de l'environnement, de l'énergie, des télécommunications (un forum sur la société de l'information se tiendra à Pékin les 16 et 20 avril 2002) et de la politique d'entreprises (un nouveau dialogue entre entreprises devrait être lancé cette année). L'UE souhaiterait développer en outre la coopération dans le domaine de la concurrence, sur la mise en place du système européen de positionnement par satellite Galileo et sur le marché des valeurs mobilières.
Le Sommet devrait aussi souligner les progrès de la coopération UE/Chine dans le secteur de la lutte contre l'immigration illégale et le trafic des êtres humains, secteur placé parmi les priorités chinoises depuis la tragédie de Douvres, lorsque, en juin 2000, 58 immigrants chinois illégaux étaient morts enfermés dans un camion. "Depuis un an, de nombreuses initiatives ont été entreprises, nous avons lancé le dialogue politique et au niveau des hauts fonctionnaires", souligne une source européenne. Les discussions ont "bien progressé", indique-t-on à la Commission, à propos de l'identification des populations concernées, l'identification de procédures pour permettre le rapatriement des immigrés illégaux, la coopération pour lutter contre la falsification des documents, la création de réseaux d'information et de points de contact entre les administrations.