Bruxelles, 29/08/2001 (Agence Europe) - Le directeur du programme de recherche communautaire «Environnement», Christian Patermann présentera à la presse, le 5 septembre à Messine (Italie), les premiers résultats des projets GEOSTAR et BIODEP concernant l'exploration des grands fonds qui revêt une importance capitale à la fois d'un point de vue économique et pour une meilleure connaissance des phénomènes et de la vie sous-marine. A cette occasion, un groupe de chercheurs impliqués dans le développement et l'utilisation du module GEOSTAR (Geophysical and Oceanographic Station for Abyssal Research), financé par l'UE, présenteront les résultats d'une campagne d'essais récente réalisée en Mer Tyrrhénienne. Cette présentation aura lieu à bord du navire océanographique Urania et comprendra une démonstration du déploiement et de la récupération de GEOSTAR au large des îles éoliennes.
GEOSTAR a été conçu pour résister aux conditions extrêmes des grandes profondeurs et rester pendant une période allant jusqu'à un an à au moins 4000 mètres de profondeur. Cette unité d'observation et de surveillance automatique permet de mesurer la sismicité, les caractéristiques chimiques de l'eau et les caractéristiques du substrat marin. La première campagne de test a été réalisée au large de l'île d'Ustica par 2000 m de profondeur entre septembre 2000 et mai 2001. Les objectifs de la mission comprenaient: - le relevé en continu de l'activité sismique, du champ magnétique et de la gravité terrestre, des paramètres environnementaux ; - l'enregistrement des paramètres de la station ; - la prise d'échantillons d'eau ; - la validation des protocoles de communication avec la station en quasi-temps réel avec la base à terre. Ce test a montré que la station est opérationnelle. Du point de vue scientifique, une première vérification des températures de fond enregistrées indique des augmentations inattendues et qui pourraient s'avérer importantes dans le cadre de la compréhension de l'évolution des températures en Méditerranée. GEOSTAR est aussi mis à contribution pour la réalisation du projet BIODEP qui vise à étudier les micro-organismes subsistant dans les milieux particulièrement hostiles que constituent les bassins hypersalins (avec une teneur en sel supérieure à 30%) à des profondeurs supérieures à 3000 m. Ces organismes, des bactéries dont certaines pourraient être des descendants d'organismes ayant colonisé ces bassins, il y a plusieurs milliers d'années, seront mis en culture en raison de leur intérêt pour des applications biotechnologiques.