Bruxelles, 14/05/2001 (Agence Europe) - "Nous n'avons pas parlé de cette question au Conseil parce qu'il n'y a pas encore de nouveau gouvernement", a déclaré la présidente en exercice du Conseil Anna Lindh, interrogée lundi sur la victoire, qui n'avait pas encore été confirmée, de la coalition de Silvio Berlusconi lors des élections italiennes de ce week-end. Pourtant, cette élection a été beaucoup commentée. Le Premier ministre suédois, en marge de la Conférence sur les pays les moins avancés, a rappelé que l'UE avait décidé à Nice quelle serait la marche à suivre au cas où un gouvernement s'écarterait des principes de l'Union européenne. Pour Göran Persson, il est trop tôt pour dire si c'est le cas de l'Italie, et la Suède ne soulèvera pas la question sauf si un Etat membre le lui demandait et si tous les Etats membres, consultés par la Suède, étaient d'accord sur cette procédure. Quant au conflit d'intérêts entre les fonctions de Premier ministre et la possession de plusieurs chaînes de télévision, M. Persson a déclaré que Silvio Berlusconi "avait promis de résoudre ce problème; je suppose qu'il le fera, mais je ne sais pas comment l'Europe peut intervenir". Le ministre français Pierre Moscovici a déclaré pour sa part, en marge du Conseil Affaires générales, que "la situation n'est pas comparable avec celle de l'Autriche, même si ce n'est pas un non événement". Pour M. Moscovici, en Autriche, on est face à un parti "xénophobe avec certaines tendances racistes et antisémites" alors que ce n'est pas le cas pour le parti d'Umberto Bossi, qui est "un parti régionaliste, un petit parti qui a été désavoué par les électeurs". La ministre autrichienne Benita Ferrero Waldner a déclaré pour sa part qu'il "n'y a pas de raison de ne pas accepter un gouvernement démocratiquement élu", et que "Dieu merci, nous avons l'article 7, qui permet d'éviter que l'on se retrouve dans une situation comme celle vécue par l'Autriche".