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Bulletin Quotidien Europe N° 7964
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/coree

L'Union va établir des relations diplomatiques avec la Corée du Nord - les modalités restent encore à définir

Bruxelles, 14/05/2001 (Agence Europe) - L'Union va établir des relations diplomatiques avec la République démocratique populaire de Corée, en vue de faciliter la réconciliation des deux Etats de la péninsule divisée, a annoncé lundi la Commission européenne. La démarche qu'elle a entreprise après avoir consulté les Etats membres et au terme d'une procédure de silence qu'aucun d'entre eux, insistait-on officiellement, n'a rompu, a été saluée par les autorités sud-coréennes comme une contribution "positive à la pacification et à la stabilisation" de la région, ainsi qu'à "l'amélioration des relations" avec son voisin du Nord. "C'est le résultat de la visite modestement fructueuse que nous avons faite à Pyongyang", a estimé le Commissaire Chris Patten, en référence à la récente mission de la Troïka européenne dans la région (voir EUROPE des 8 et 4 mai), tandis que des signes positifs émanaient de Washington quant à la reprise du dialogue entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.

Dans une lettre adressée, le même jour, à son homologue nord-coréen, le responsable communautaire des relations extérieures a notifié la réponse positive de l'Union à la proposition faite par Pyongyang en septembre dernier de normaliser leurs relations. La décision, qui relève des compétences de la Commission européenne, a été prise en concertation avec les Etats membres, et en dernier lieu lors d'un échange de vues formel avec le Conseil Affaires générales, dans l'espoir de renforcer le soutien de l'Union "à la réconciliation au sein de la péninsule coréenne et, en particulier, appuyer la réforme économique et atténuer les problèmes alimentaires et sanitaires aigus" en Corée du Nord. La procédure de silence, permettant à l'Exécutif communautaire de prendre cette décision en l'absence d'objection de l'un ou l'autre des Quinze, avait été prorogée du 5 mai jusqu'à samedi minuit, à la demande d'une délégation. Selon diverses sources diplomatiques concordantes, une réserve de la France serait à l'origine de ce délai de réflexion supplémentaire, ce qu'un porte-parole du Quai d'Orsay a formellement démenti. "La Présidence française avait lancé cette démarche en rappelant les quatre" grandes préoccupations européennes concernant le dialogue intercoréen, les conditions de travail des ONG et agences internationales qui oeuvrent à la délivrance de l'aide humanitaire à la population nord-coréenne, le désarmement, les droits de l'homme et la démocratie, a-t-il souligné en précisant que l'essentiel pour la France, qui est le seul Etat membre avec l'Irlande à ne pas avoir de liens formels avec ce pays, est "qu'il n'y ait pas d'érosion du niveau d'exigences" à l'égard de la Corée du Nord et en renvoyant la "patate chaude" vers d'autres capitales européennes - ce qui n'a pu être confirmé. Une chose est claire, a-t-il ajouté, même si la discussion informelle des ministres des Affaires étrangères, le 5 mai dernier, "était très compliquée": "nous sommes tous d'accord sur le principe mais par sur les modalités".

A ce stade, une délégation, la Belgique a officiellement fait part au Haut Représentant pour la Pesc Javier Solana de réserves quant à l'installation d'une mission nord-coréenne au siège de l'Union, en suggérant que la représentation de la Corée du Nord à Stockholm remplisse dans un premier temps cette fonction. Tout en confirmant qu'il n'a aucune objection sur la normalisation des relations euro-coréennes, cet Etat membre souhaite en effet que les prochaines étapes à accomplir au niveau communautaire soient calquées sur ce dont il a convenu avec Pyongyang en début d'année lors de l'établissement des relations diplomatiques bilatérales. "On va maintenant discuter des modalités et de la manière dont on procédera", a précisé M.Patten en marge du Conseil Affaires générales. Sur ce point également, la compétence décisionnelle est entre les mains de l'Exécutif communautaire mais des consultations informelles sont prévues avec les Quinze. Les pourparlers avec Pyongyang débuteront "bientôt", a-t-on précisé à la Commission.

En Corée du Sud, le ministère des affaires étrangères s'est félicité de "la décision de l'UE et de la Corée du Nord d'établir des relations diplomatiques". Cela "va contribuer de manière positive à la paix et à la stabilité sur la péninsule coréenne et à améliorer les relations inter-coréennes", estime-t-on à Séoul. Quelques jours plus tôt, un responsable gouvernemental s'était félicité de la prochaine reprise du dialogue entre Washington et Pyongyang, que l'Administration Bush avait suspendu le temps de réexaminer la politique américaine à l'égard de la Corée du Nord. A l'issue d'une rencontre à Séoul avec le sous-Secrétaire d'Etat américain Richard Armitage, à la veille du week-end, un proche du ministre Sud-Coréen pour l'Unification, le directeur politique Lee Bong-jo, a déclaré: "nous avons reçu confirmation de la reprise des pourparlers américains avec la Corée du Nord et Washington a fortement appuyé la sunshine policy de la Corée du Nord". "Cette confirmation elle-même est un message à la Corée du Nord" mais "nous devons encore attendre (sa) réponse", a précisé ce haut responsable. "Pour le moment, nous ne parlons pas avec (Pyongyang) mais je suspecte que nous le ferons dans un proche avenir", avait indiqué M. Armitage.

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