Bruxelles 14/05/2001 (Agence Europe) - Les 27 ministres du Commerce de la zone euroméditerranéenne, comprenant les quinze États membres de l'UE et leurs douze partenaires du pourtour méditerranéen (sans la Libye, pour l'heure) se réunissent pour la première fois le 29 mai à Bruxelles. Principal thème de discussion: la perspective d'une zone de libre-échange multilatérale à l'horizon, initialement envisagé, de 2010 et, dans cette perspective, l'encouragement de la coopération « Sud-Sud », entre pays partenaires.
L'objectif de zone multilatérale, encore théorique, devrait être facilité par des progrès plus significatifs dans l'achèvement du processus d'accords bilatéraux d'association qui instaurent entre l'UE et chacun des pays méditerranéens le libre-échange industriel, ainsi qu'une libéralisation graduelle des échanges agricoles. Or, l'achèvement du réseau d'accords d'association tarde à s'achever. Ainsi, alors que les accords avec la Tunisie, Israël et le Maroc sont déjà mis en œuvre, celui avec la Jordanie n'est pas encore ratifié par la France et la Belgique, l'Egypte doit encore signer le sien (la signature, prévue ce lundi, a été reportée), tandis que les pourparlers avec le Liban comme avec l'Algérie progressent. La Syrie, enfin, a entamé le processus de négociations, mais les discussions en sont encore au stade préliminaire. Outre cette situation qui ne plaide pas en faveur d'une accélération du projet global euroméditerranéen, les partenaires ont encore beaucoup à faire pour tenter d'en étudier l'impact possible sur les économies de la région.
C'est dans ce but que la Présidence suédoise a pris l'initiative de réunir informellement les ministres du Commerce des pays engagés dans le processus de Barcelone, pour évoquer non seulement les perspectives spécifiques à la région mais aussi les perspectives mondiales, qui impliquent tous les pays dans le cadre de l'OMC. Il est d'ailleurs question - et les hauts fonctionnaires chargés du suivi du dialogue euroméditerranéen en ont encore discuté le 30 avril à Bruxelles - de libéraliser le secteur des services et de mettre en place des règles harmonisées en matière de concurrence, de passation de marchés publics et de protection de la propriété intellectuelle. Selon une source communautaire, « tous les partenaires étaient d'accord pour dire qu'un rapprochement des législations doit intervenir dans ces domaines afin de faciliter l'investissement dans la région ». La création de deux groupes de travail sera proposée le 29 mai aux ministres du Commerce, l'un sur les services et l'autre sur les règles d'origine. La Commission européenne souhaiterait parvenir à une harmonisation des règles instaurées par chacun des accords d'association.
Conçues pour structurer les relations directes, ces discussions sur le commerce devraient également permettre des échanges de vues sur la perspective d'un nouveau cycle de négociations à l'OMC. On sait que la Commission européenne a à cœur de mobiliser tous ses partenaires -les Méditerranéens comme les ACP- - avant d'entrer, dès novembre à Doha (Qatar), dans le vif du sujet face aux Etats-Unis.