Bruxelles/Washington, 25/04/2001 (Agence Europe) - L'Union européenne défendra ses droits à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) si les Etats-Unis décident de restreindre l'accès des importations sidérurgiques à leur marché, a déclaré le Commissaire européen Pascal Lamy, devant la commission industrie et commerce du Parlement européen, mardi. Le même jour, le Secrétaire d'Etat français au Commerce François Huwart, en visite à Washington, a estimé que les contingentements envisagés seraient "malvenus" et "défavorables pour le climat des négociations sur un nouveau cycle de négociations" multilatérales.
M. Huwart a aussi indiqué que le Représentant au Commerce des Etats-Unis Robert Zoellick lui a assuré ne pas avoir pris de décision à ce stade. Le mois dernier, M.Zoellick avait annoncé que l'Administration Bush contemplait sérieusement la possibilité d'adopter des mesures de sauvegarde dans le cadre d'un vaste plan de soutien à la restructuration de l'industrie sidérurgique américaine, si la Commission fédérale du commerce international établit que les volumes importés portent préjudice aux producteurs américains.
Selon M.Lamy, "une bonne part de l'industrie est dans une situation financière extrêmement difficile" et "comme d'habitude, cela se traduit immédiatement par des pressions protectionnistes". "Il n'est pas exclu qu'un jour ou l'autre les Américains envisageront sérieusement des mesures pour protéger leur marché sidérurgique fondées sur des sauvegardes", a-t-il estimé, tout en espérant "ne pas en arriver là". Que de telles mesures soient légales ou non sera fonction des conditions dans lesquelles elles seront mises en oeuvre, et notamment de la réalité des facteurs économiques sur lesquels elles se fondent. "C'est ce qu'il nous faudra examiner le moment venu", a-t-il dit, en notant: "Ce serait de toute façon une très mauvaise nouvelle pour l'industrie européenne, parce que nous serions immédiatement confrontés à la nécessité d'absorber ce que les Etats-Unis refuseront d'absorber sur le marché sidérurgique mondial, ce qui aura des conséquences sur nos prix". Et d'avertir: "Si, dans les mois qui viennent, les Etats-Unis devaient émettre un signal de ce genre - très fortement unilatéral dans son inspiration, (...) nous défendrions les droits de l'Union à l'OMC".