Bruxelles/Rome, 28/02/2001 (Agence Europe) - "Je ne souhaite pas la victoire de Bossi, c'est un fasciste", a dit mardi à la presse le ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel, en confirmant la teneur des propos qu'il avait tenus dans une interview au quotidien De Standaard au sujet de la possibilité que la Lega Nord d'Umberto Bossi fasse partie de la coalition gouvernementale après les prochaines élections générales en Italie. "Mes idées ne seraient pas différentes" que dans l'affaire de l'arrivée au pouvoir du FPÖ en Autriche, a-t-il affirmé, en excluant toute initiative unilatérale de la Belgique en cas de victoire de la droite en Italie.
Les premiers à réagir ont été des élus européens de Forza Italia. Ainsi, Antonio Tajani a dénoncé cette "incroyable ingérence" dans les affaires intérieures de l'Italie, alors que Raffaele Costa a demandé au Conseil de l'UE s'il ne juge pas opportun de "censurer les extravagantes déclarations du pittoresque ministre (...) et de l'inviter à s'abstenir de participer aux rencontres communautaires". Quant au leader de la CDU Rocco Buttiglione, lui aussi parlementaire européen, il a dit que M. Michel ferait mieux de penser à la Belgique, où progresse un parti "xénophobe, raciste et dangereux" (allusion au Vlaams Blok). L'élue européenne des Democratici di sinistra Pasqualina Napoletano, au contraire, a affirmé que M. Michel n'est coupable d'aucune "ingérence" dans la campagne électorale italienne et s'est borné à exprimer des inquiétudes qui existent dans les Etats membres, au Parlement européen et dans les autres institutions de l'Union européenne.