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Bulletin Quotidien Europe N° 7913
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/social

La Commission a adopté une nouvelle stratégie pour faciliter l'émergence de nouveaux marchés de l'emploi en Europe d'ici 2005

Bruxelles, 28/02/2001 (Agence Europe) - Sur proposition du Président Romano Prodi, et des Commissaires Viviane Reding (Education), Anna Diamantopoulou (Emploi) et Frits Bolkestein (Marché intérieur), la Commission a adopté le 1er mars une communication sur "Les nouveaux marchés du travail en Europe" dont la Commission espère qu'elle sera entérinée par le Sommet de Stockholm. Il s'agit là d'une nouvelle stratégie en deux étapes, visant à ouvrir le marché du travail en Europe d'ici 2005: - la première consiste à lever les principaux obstacles qui entravent l'émergence de nouveaux marchés du travail européens, à améliorer la reconnaissance des qualifications au niveau européen et la mobilité du point de vue de la sécurité sociale et des systèmes de retraites, et à permettre à tous d'avoir un accès direct aux informations sur les possibilités d'emploi et de formation partout en Europe; - la deuxième consiste en l'établissement, dès avril prochain, d'un Groupe de haut niveau sur les compétences et la mobilité, qui identifiera les caractéristiques des nouveaux marchés du travail et les principaux obstacles à leur développement. Suite à un rapport de ce Groupe, la Commission proposera un plan d'action comportant un ensemble d'initiatives à l'horizon 2005, qui sera soumis au Conseil européen de Barcelone, au printemps 2002.

La mobilité des Européens à l'intérieur de l'UE reste toujours très faible (0,4% de la population chaque année), notamment en comparaison de celle aux Etats-Unis. Les causes sont multiples: linguistiques et culturelles, manque d'informations et de reconnaissance des qualifications. La stratégie de la Commission se traduira, dans un premier temps, par:

1. la présentation en 2002 de propositions législatives instaurant un système uniforme, transparent et flexible de reconnaissance des qualifications professionnelles, et visant à développer une reconnaissance automatique.

2. un plan d'action e-learning dès ce mois de mars, qui visera à accélérer l'adaptation des écoles et des centres d'apprentissage en Europe aux nouvelles technologies de l'information et de la communication et promouvoir l'accès de l'ensemble des Européens à ces technologies;

3. un plan d'action communautaire sur l'éducation et la formation tout au long de la vie identifiant les priorités communes aux Quinze dans ce domaine dont l'importance ne cesse de s'accroître;

4. la mise en pratique d'une méthode ouverte de coordination entre les ministres de l'Education (à l'instar de celle établie à Lisbonne) pour échanger les bonnes pratiques lors des réformes en cours des systèmes d'enseignement. Adopté le 12 février dernier par le Conseil Education, le rapport sur les objectifs concrets des systèmes éducatifs insiste notamment sur les systèmes d'évaluation de la qualité de l'éducation, l'élargissement de l'accès à l'éducation et à la formation et l'ouverture des écoles européennes au reste du monde et aux nouvelles technologies;

5. la suppression des obstacles à la mobilité des étudiants et des enseignants. Avec le Plan d'action pour la mobilité adopté par le Conseil européen de Nice et la recommandation en cours d'adoption à l'initiative de Viviane Reding, des pas importants ont été accomplis en ce sens. La Commission envisage en outre de créer, en coopération avec les pouvoirs publics nationaux et locaux, un site d'information unique sur la mobilité fournissant de façon exhaustive et facilement accessible les informations nécessaires aux Européens qui veulent profiter des chances offertes par le marché unique;

6. la présentation, avant la fin de cette année, d'une proposition sur les retraites complémentaires;

7. l'adoption par le Conseil et le PE de propositions pendantes dans le domaine de la modernisation de la sécurité sociale pour les travailleurs migrants.

8. la présentation d'une communication, dès ce mois de mars, sur l'élimination des obstacles aux retraites complémentaires transfrontières et d'une proposition sur la transférabilité des retraites complémentaires d'ici la fin de l'année.

A partir des travaux du Groupe de Haut niveau, la Commission établira dans un second temps un ensemble d'initiatives qui seront présentées au sommet de printemps de 2002, à Barcelone.

"De nouveaux marchés du travail paneuropéens sont en train d'émerger vu la mondialisation et l'évolution technologique mais se heurtent à de nombreux obstacles que nous voulons éliminer d'ici 2005 pour ouvrir et rendre accessible à tous ces marchés", a déclaré la Commissaire Anna Diamantopoulou (Emploi) au cours d'une conférence de presse donnée conjointement avec son homologue Viviane Reding (Education). "Il s'agit d'une opportunité pour les multinationales, ou encore les particuliers, surtout les plus jeunes qui souhaitent plus de mobilité pour leur carrière". Et de poursuivre: "Aujourd'hui, nous proposons une politique en deux phases: supprimer les barrières à cette mobilité et permettre la libre circulation en Europe. Ceci doit être garanti aux niveaux européen et national". Mme Diamantopoulou a noté: "La possibilité de travailler dans un autre Etat membre constitue un droit depuis le Traité de Rome. Aujourd'hui, nous sommes convenus de convertir ce droit en réalité pour tous les citoyens de l'Europe".

"La nouveauté de cette stratégie", pour Viviane Reding, "c'est qu'on ne parle plus seulement de marché du travail, d'affaires sociales et économiques mais bien d'hommes et de femmes bien formés, d'une éducation initiale et tout au long de la vie, qui sont les clefs d'une croissance durable en Europe". En ce qui concerne le manque de personnels compétents dans le secteur des technologies de l'information, Mme Reding a précisé que "l'inadéquation entre l'offre et la demande coûte à l'économie européenne 100 mrds d'euros par an" et qu"au cours des prochaines années, il y aura un déficit de 1,5 million de personnes pour remplir le nombre d'emplois dans ce secteur. Les déficits et les décalages de compétences freinent la croissance et l'élévation des niveaux de vie. L'éducation et la formation tout au long de la vie constituent la seule solution aux problèmes que provoquent ces déficits et décalages", a conclu la Commissaire.

Interrogée sur les problèmes liés au transfert des droits sociaux d'un pays à l'autre, Anna Diamantopoulou a déclaré: "C'est là que le bât blesse. C'est la raison d'une faible mobilité (0,4%) dans l'UE (contre 2,6% aux Etats-Unis). Je ne peux pas dire quelles règles s'appliqueront pour les pensions et leur transférabilité, mais nous présenterons une proposition sur ce sujet avant la fin 2001". "Nous ne sommes pas là pour changer les systèmes des Etats membres", a enchaîné Mme Reding, "mais pour construire des ponts solides entre différents systèmes pour que des personnes qui travaillent par exemple 10 ans au Luxembourg, 20 ans en France et 10 ans en Allemagne, aient une pension complète sans être discriminées". Mme Reding a précisé à propos de la mobilité des professeurs, des chercheurs et des étudiants, qu'un million de jeunes et de professeurs ont pu voyager dans l'UE grâce aux programmes européens existants, un chiffre qui va être doublé à Uppsala, lors de la réunion informelle des ministres de l'Education et de la Recherche, en fin de semaine". Quant à savoir "si les entraves auront complètement disparu en 2005", Mme Diamantopoulou a estimé que "cela dépendra des décisions du Conseil" et "c'est gérable si le Sommet de Stockholm nous appuie". Enfin, à la question de savoir "comment traiter la déductibilité des plans de pension", Anna Diamantopoulou a expliqué qu'"il existe tout un éventail de systèmes de pensions dans l'UE. C'est pourquoi nous n'aurons jamais d'harmonisation de ces systèmes, donc, il faut les rendre compatibles, c'est-à-dire que les gens doivent pouvoir accumuler leurs droits à pension en passant d'un pays à l'autre". Et de rappeler que "aux Etats-Unis, il y a différents systèmes de pension mais une seule carte de sécurité sociale que le citoyen peut utiliser partout. C'est la solution ", a conclu la Commissaire.

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