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Bulletin Quotidien Europe N° 7913
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/irak

Les occidentaux ont plaidé pour la levée de l'embargo, alors que les opposants irakiens se sont prononcés contre, lors d'une audition du PE sur l'Irak

Bruxelles, 28/02/2001 (Agence Europe) - La question de la levée des sanctions contre l'Irak était au centre de l'audition sur "l'Irak et la communauté internationale", organisée cette semaine à Bruxelles par la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Alors que les experts occidentaux estimaient généralement que l'embargo est contre-productif, les représentants de l'opposition irakienne ont invité les parlementaires à la prudence à ce sujet, soulignant que la levé de l'embargo renforcerait le régime de Saddam Hussein. Les éléments présentés lors de cette audition seront à la base du rapport d'initiative que présentera Emma Nicholson, libérale démocrate britannique.

Selon Hans Graf von Sponeck, ancien responsable du programme des Nations Unies "Pétrole contre nourriture", l'évolution actuelle en Irak montre que les sanctions économiques ne sont pas à même de produire un changement politique. Denis Vienot, président de Caritas Europe, a estimé que les sanctions ne sont pas justifiables et sont contraires à la Charte des Nations Unies. Dans le même sens, le député européen Niall Andrews (UEN, irlandais) a remarqué que le prix payé par les enfants irakiens notamment est trop élevé pour justifier le maintien de l'embargo. Wilfried Kreisel, directeur exécutif de l'Organisation mondiale de la santé, a dressé à cet égard un tableau accablant, en soulignant que le taux de mortalité infantile a doublé et que des maladies telles que la malaria et la typhoïde sont réapparues, depuis l'imposition des sanctions.

Les représentants de l'opposition irakienne ont plaidé au contraire d'une seule voix pour le maintien des sanctions, en affirmant, comme le Sheik Mohammed Ali, du Congrès national irakien, que la levée inconditionnelle de l'embargo ne mettrait pas fin aux souffrances du peuple irakien. Les sanctions empêchent probablement Saddam Hussein de réarmer, a estimé Driss El Yazami, de la Ligue des droits de l'homme. Comment éviter qu'une levée des sanctions permette au régime d'investir dans l'armement ? s'est interrogé dans le même sens le député européen Alexandros Baltas (socialiste grec).

"Un million d'Irakiens ont été tués depuis le coup d'Etat de Saddam et le régime avait une longue expérience de non respect des résolutions avant les sanctions (…). L'embargo ne doit pas servir à couvrir les crimes du régime", avait souligné devant la presse El Yazami, en invitant les Européens à ne pas faire preuve de naïveté, et en plaidant plutôt pour une modification des sanctions, qui pourraient, par exemple, se transformer en "pétrole contre reconstruction", pour couvrir les besoins en matière de santé, d'écoles ou d'eau. "Le seul élément de changement possible serait le changement de régime", a souligné dans la même ligne Amin Bakhtiar, de l'Alliance des Droits de l'homme, qui a appelé à la création d'un Tribunal international pour juger les crimes du régime irakien.

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