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Bulletin Quotidien Europe N° 7907
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/transports

Les financements de la Commission et de la BEI se concentreront d'ici 2006 sur la décongestion des réseaux existants, en attendant une révision globale des priorités

Bruxelles, 20/02/2001 (Agence Europe) - Les prochains financements européens destinés aux réseaux transeuropéens de transports (RTE) iront en priorité aux chemins de fer et à l'interconnexion des réseaux existants, ont confirmé la Commissaire européenne aux transports, Loyola de Palacio, et le président de la Banque européenne d'investissement, Philippe Maystadt, lors d'un séminaire de la BEI sur le financement des RTE organisé la semaine dernière à Strasbourg.

La Commission devrait présenter fin mars, en même temps que son Livre Blanc sur la politique européenne des Transports, une mise à jour du financement des Réseaux transeuropéens des transports définis à Essen il y a cinq ans. Dans une première étape, "le Livre Blanc se concentrera sur les goulets d'étranglement et l'interconnexion des réseaux existants", indique un proche de la Commissaire de Palacio. "La seconde étape, que je compte lancer avant la fin de mon mandat actuel, vers 2004, sera une révision en profondeur des schémas du réseau transeuropéen", a annoncé la Commissaire lors du séminaire. Il s'agira d'intégrer dans les futurs réseaux les futurs Etats membres, dont les besoins en infrastructure à longue distance ont été évalués à 90 milliards d'euros. "Nous devons donc nous doter d'un nouveau cadre pour sélectionner et réaliser les investissements prioritaires d'ici à 2020", a remarqué la Commissaire.

Un montant de 4,6 milliards d'euros a été alloué aux réseaux transeuropéens de transports, énergie et télécommunications entre 2000 et 2006, dans le cadre de l'Agenda 2000. En ajoutant les aides du Fonds de cohésion et du Fonds européen de développement régional, ce montant s'élève à 18 milliards d'euros, a rappelé la Commissaire. "J'ai l'intention de consacrer la plus grosse part, soit 45%, aux projets définis à Essen", a-t-elle indiqué. Trois des quatorze projets définis lors du Conseil européen d'Essen ont été réalisés jusqu'ici, a souligné la Commissaire: l'aéroport de Malpensa/Milano, la ligne ferroviaire Cork-Dublin-Belfast-Larne et le lien fixe de l'Öresund entre la Suède et le Danemark. La plupart des projets devraient être achevés en 2007, "mais il y a des retards, le Lyon-Turin devrait être achevé en 2010, on parle maintenant de 2015".

Les financements se concentreront sur la décongestion des réseaux actuels et les services publics

Les prochains financements devront se concentrer sur la décongestion des réseaux actuels, "afin de rééquilibrer les flux de trafic vers des modes de transport avec des réserves de capacité et qui sont plus respectueux de l'environnement, comme le chemin de fer et la voie d'eau", a indiqué la Commissaire de Palacio. "Depuis 1996, qui est l'année où le Parlement et le Conseil ont adopté les premières orientations du réseau transeuropéen ont été construits plus de 5.000 km du réseau routier transeuropéen", a-t-elle souligné. Dans le même temps, les flux se concentrent sur les corridors Nord-Sud desservant les hinterlands des grands ports de la mer du Nord. "La conséquence est qu'environ 7.000 km du réseau transeuropéen routier, soit un dixième du réseau, subissent en permanence des encombrements dans l'UE", a-t-elle complété.

Les priorités d'ici 2010 seront la mise en œuvre de la libéralisation du réseau de fret ferroviaire à partir de 2003, l'interconnexion des réseaux, la poursuite du développement du réseau ferroviaire à grande vitesse et la promotion des "systèmes de transport intelligent", car, "à quelques exceptions près, il faudra investir moins dans le béton et plus dans l'intelligence", a assuré la Commissaire.

"On ne peut simplement pas se contenter de continuer à construire de nouvelles infrastructures de transport sans se fixer de limites", a renchéri le président de la BEI, Philippe Maystadt. Selon lui, "l'approche plus radicale qui s'impose (…) consiste à examiner comment nous pouvons améliorer l'utilisation des réseaux de transports actuels, à la fois en augmentant les investissements dans l'interopérabilité et l'intermodalité et en améliorant les performances d'exploitation et d'organisation". Les changements nécessaires portent entre autres sur l'organisation et la tarification des services publics de transport, a-t-il souligné, en se félicitant à cet égard de la libéralisation prochaine du fret ferroviaire.

Dans cette optique, la BEI "est particulièrement désireuse d'agir de concert avec les Etats membres et les institutions communautaires, en vue d'accorder une priorité accrue au développement des systèmes de transport ferroviaire, tant pour les voyageurs que pour les marchandises".

De Palacio suggère de financer certaines infrastructures ferroviaires par les péages routiers

"Ne nous faisons pas d'illusion", a averti Loyola de Palacio, "certains projets qui sont stratégiques pour rééquilibrer les modes de transport et assurer la cohésion territoriale de l'Union ne peuvent être rentabilisés que sur des périodes trop longues pour les promoteurs privés". Elle a donc suggéré des "solutions imaginatives", qui pourraient consister à utiliser "les péages sur les itinéraires concurrents pour financer la construction de grands tunnels ferroviaires" dans les Alpes, par exemple, sur le modèle de la taxe sur le transit routier prélevée par la Suisse pour la construction de nouveaux tunnels. "La France et l'Italie, pour le Lyon-Turin, devraient s'inspirer de l'exemple grandeur nature de la Suisse", a-t-elle estimé.

La BEI va élargir la gamme de ses financements pour les RTE dans l'UE et les pays candidats

De son côté, "la BEI fera appel à son expertise et adoptera une approche volontariste sur les marchés financiers, en vue d'appuyer les investissements réalisés par des organismes publics, mais également de faciliter les investissements du secteur privé dans les infrastructures publiques par le biais des partenariats public-privé", a indiqué Philippe Maystadt. Toutefois, lui aussi, il a souligné que "pas plus les investissements privés que les instruments financiers novateurs ne remplaceront l'action du secteur public".

M. Maystadt a noté que, alors que la BEI dispose déjà des ressources nécessaires pour la réalisation des infrastructures d'intérêt commun, "au cas où cela serait nécessaire, leur volume pourrait être accru grâce au recours, en collaboration avec le secteur public et le secteur privé, aux marchés internationaux des capitaux". A côté du "guichet spécial" pour les réseaux transeuropéens mis en place en 1995, "la BEI a l'intention d'élargir dans l'avenir immédiat la gamme de ses instruments de financement des RTE, en mettant sur pied un mécanisme de financement structurel" qui comportera entre autres un degré plus élevé de partage des risques, a rappelé Philippe Maystadt.

En outre, après avoir destiné près d'un milliard d'euros par an pour des projets d'infrastructures dans les pays candidats, "la BEI se propose de consacrer une part croissante de ses ressources au double objectif présenté par le développement des réseaux de transport dans les pays pré-adhésion et l'intégration de ces derniers dans les réseaux transeuropéens de l'UE", a-t-il confirmé.

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