Bruxelles, 20/02/2001 (Agence Europe) - La Commission adoptera mercredi une communication concernant un programme d'action pour l'accélération de la lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose en tant qu'instrument de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement. Ce document, préparé sur initiative des Commissaires Poul Nielson (Développement), Chris Patten (Relations extérieures), Byrne (Santé), Busquin (Recherche), Lamy (Commerce), Liikanen (Industrie), établit le cadre politique intégré dans lequel s'inscrira l'action de la Communauté au cours de la période 2001-2006 pour participer à l'intensification des efforts, au niveau mondial, en vue de s'attaquer plus radicalement aux trois principales maladies transmissibles et mortelles qui affectent surtout les populations des pays les plus pauvres, en entravant leur développement.
Les trois objectifs énoncés par la Commission pour guider l'action de la Communauté sont les suivants: a) améliorer l'impact et efficacité des stratégies et technologies existantes en matière de soutien au secteur de la santé dans le cadre de la coopération au développement (en accélérant la mise à disposition des fonds destinés à améliorer la santé, en réaffectant les ressources non utilisées vers la lutte contre les maladies transmissibles, en poursuivant les efforts de prévention) ; b) rendre les médicaments essentiels plus abordables (ce qui nécessitera notamment un examen des droits des taxes et droits de douane, l'instauration d'une tarification échelonnée pour les pays en développement les plus pauvres, la mobilisation d'investissement pour le renforcement des capacités des pays en développement dans les domaines liés au commerce et à la santé, notamment par la mise en œuvre de l'accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce - (ADPIC) ; c) intensifier la recherche et le développement de biens publics mondiaux (notamment par un soutien public accru à l'activité de R&D consacrée aux essais cliniques, par des mesures d'encouragement des investissements privés en faveur de la R&D, par le renforcement des capacités de recherche dans les pays en développement).
La Commission estime que la coordination accrue entre la Communauté et les autres donateurs - Nations Unies, partenaires du G8, Banque mondiale et Etats membres - en tirant parti des avantages comparatifs respectifs est le corollaire indispensable de ce cadre d'action pour accroître la complémentarité et l'efficacité des ressources allouées à la lutte contre ces maladies.
Les modalités de mise en œuvre de ce cadre politique seront énoncées dans des plans de travail spécifiques et détaillés que les services de la Commission établiront une fois le programme adopté. Annoncé dans la communication de la Commission de septembre 2000 sur le même sujet, ce programme d'action s'inspire des conclusions de la table ronde internationale que la Commission avait organisée en septembre dernier, avec le parrainage de l'OMS et du programme Onu/Sida (voir EUROPE du 27 septembre, p. 16 et du 30 septembre, p. 15) pour définir en commun les grandes lignes d'une action concertée au niveau mondial visant à réduire l'incidence sanitaire et économique des trois principales maladies transmissibles dans les PVD.