Strasbourg, 14/02/2001 (Agence Europe) - La délégation ad hoc du Parlement européen qui s'est rendue la semaine dernière en République fédérale de Yougoslavie, avec à sa tête la présidente de la Délégation pour les relations avec l'Europe du Sud-Est, l'élue de la CDU Doris Pack, pour vérifier sur le terrain comment sont utilisées les aides de l'Union européenne, a rencontré le président Kostunica, des membres du gouvernement et des parlements fédéral et serbe, et aussi des représentants des autorités locales -qui participent aux programmes de l'Union "Ecoles pour la démocratie", "Energie pour la démocratie" et "Villes pour la démocratie" - et de la Banque Mondiale.
Lors d'une conférence de presse en marge de la session plénière à Strasbourg, Mme Pack a indiqué que les programmes de l'Agence européenne pour la Reconstruction, qui sont un élément du paquet d'aide d'urgence de 200 millions d'euros, fonctionnent bien en Serbie: cette somme est déjà presque entièrement utilisée. Il faudra passer maintenant (même si une aide d'urgence est encore nécessaire) à la nouvelle phase d'aide qui se concentrera sur le développement économique, la reconstruction et la réforme des institutions. Cette aide est soumise à des conditions: renforcement de la démocratie, respect du droit, réforme des institutions. Le nouveau leadership nous a confirmé sa volonté et sa capacité de répondre à cette demande de démocratisation: un premier pas dans ce domaine est représenté par l'introduction de projets de loi sur l'amnistie des prisonniers politiques (les prisonniers de Milosevic ne peuvent pas être les prisonniers de Kostunica, a dit Mme Pack), les médias et le gouvernement local. En ce qui concerne l'ancien président Milosevic, Mme Pack a répété qu"'il doit aller au Tribunal de La Haye", mais en estimant qu'on pourrait admettre qu'il soit d'abord jugé à Belgrade pour les crimes qu'il a commis contre son peuple, pour ne pas arriver à La Haye en victime ou héros. Lorsqu'il s'agit de trouver à Belgrade des juges pour les criminels de guerre, un problème se pose, a affirmé Mme Pack, en notant que la plupart des juges sont liés au régime.
La délégation ad hoc a également exprimé son inquiétude concernant la sécurité en Serbie du Sud, où les actes de violence des extrémistes albanais ne simplifient pas les choses, a dit Mme Pack.